30 déc. 2025

De la conscience (2), de Richard III, de Lady MacBeth et de la vertu maternelle

Oui, dit Monte-Cristo, oui, il reste la conscience, sans quoi l'on serait fort malheureux. Après toute action un peu vigoureuse, c'est la conscience qui nous sauve, car elle nous fournit mille bonnes excuses dont seuls nous sommes juges ; et ces raisons, si excellentes qu'elles soient pour nous conserver le sommeil, seraient peut-être médiocres devant un tribunal pour nous conserver la vie. Ainsi Richard III, par exemple, a dû être merveilleusement servi par sa conscience après la suppression des deux enfants d'Edouard IV ; en effet, il pouvait se dire : "les deux enfants d'un roi cruel et persécuteur, et qui avaient hérité des vices de leur père, que moi seul ai su reconnaître dans leurs inclinaisons juvéniles ; ces deux enfants me gênaient pour faire la félicité du peuple anglais, dont ils eussent infailliblement fait le malheur." Ainsi fut servie par sa conscience Lady MacBeth, qui voulait, quoi qu'en ait dit Shakespeare, donner un trône, non pas à son mari, mais à son fils. Ah ! L'amour maternel est une si grande vertu, un si puissant mobile...
Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, page 913.

Aucun commentaire: