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13 déc. 2018

Tour du Monde - Chine [Shanghai]: Laoximen (4)

Tour du Monde - Chine [Shanghai]: 1er congrès national du Parti Communiste Chinois [中国共产党第一次全国代表大会]

Le premier congrès national du Parti communiste chinois se tient à Shanghai et à Jiaxing entre le 23 juillet et le 2 août 1921, et marque la création officielle du Parti Communiste Chinois. Le congrès est inauguré dans un bâtiment du qquartier de la Concession française dans le but de réunir, au niveau national, les 57 membres que comptait alors le groupe. Les deux fondateurs du parti, Chen Duxiu et Li Dazhao, n'assistent pas au congrès. La réunion prend fin due dû au harcèlement de la police de la concession française le 30 juillet. Les délégués déplacent alors la réunion à Jiaxing. A l'issue du congrès, Chen Duxiu est élu Secrétaire général, malgré son absence. Zhang Guotao est nommé Responsable de l'organisation et Li Da au poste de Directeur de la propagande. Sur les 13 représentants ayant assisté au congrès de 1921, seuls deux seront présents à la cérémonie de proclamation de la République populaire de Chine en 1949 : Mao Zedong et Dong Biwu.
Le Congrès national du Parti Communiste Chinois a lieu une fois tous les cinq ans et est théoriquement la plus haute instance du Parti communiste chinois, mais en pratique la plupart des décisions sont prises lors de sa préparation. Depuis 1956, il a lieu dans le Palais de l'Assemblée du Peuple à Pékin et depuis 1987, toujours en octobre ou novembre.

Tour du Monde - Chine [Shanghai]: Shanghai La Rouge

On associe peut-être trop peu la bouillonnante mégalopole qu'est Shanghai au communisme, et pourtant c'est ici que la révolution rouge commença. Au dire des certains, le vernis capitaliste de Shanghai ternit son âme révolutionnaire. Ne nous y trompons pas : les habitants de Shanghai sont fiers de l'héritage communiste de leur ville. Après tout, c'est ici que le communisme chinois naît et que les prémisses de la révolution se dessinent. De nombreux penseurs communistes sont originaires de Shanghai ou y vécurent. Et pour être sûr que Prada n'éclipse pas le Parti, le gouvernement a même initié une campagne de 'tourisme rouge' mettant en lumière les sites clefs de la la naissance de la nouvelle Chine. Visiter ces lieux en dit souvent bien plus long sur la Chine actuelle que celle d'il y a 50 ans et on voit à quel point la propagande fait encore son œuvre. D'ailleurs, ne croyez pas que la Chine soit capitaliste : c'est bel et bien un pays où l'on croit encore fermement au communisme. Lorsque je me rends sur le site du Premier Parti communiste, un groupe de partisans se fait immortaliser sur les lieux historiques de la naissance du parti. Le lendemain, je repasse dans le quartier pour une course : même scène.
Le Parti Communiste chinois est fort de 90 millions d'adhérents, et malgré les apparences que se donnent la Chine face au monde, le communisme reste une force sous-jacente. A Shanghai, personne ne semble trouver contradictoire le drôle de mariage entre paradis consumériste et croyance politique : peut-être parce que la ville a toujours produit le meilleur des deux, des plus grands tycoons de l'immobilier à la radicale Bande des Quatre.
Quels sont les sites du communisme à Shanghai? Le site du Premier Congreè National du Parti Communiste ; le Cimetière des Martyrs à Longhua où des centaines de jeunes communistes furent exécutes par les troupe du Kuomintang ; les lieux où Sun Yatsen, Zhou En-lai, Soong Ching Ling, Chen Yun, Cai Yuanpei et Mao officièrent. On peut aussi visiter les locaux de l'ancien Journal Bolchévique ; le Musée des Écrivains de Gauche qui articulèrent les idées révolutionnaires ; le Mémorial de Lu Xun qui inspira toute une génération de révolutionnaires ; d'innombrables statues reparties un peu partout dans la ville dont celle de Nie Er qui composa l'hymne national ; des rues où l'histoire se joua telle Aomen Road où le Mouvement du 30 Mai prit forme ; etc.
Une chose est sûre : la machine à propagande chinoise est toujours en marche.

Tour du Monde - Chine [Shanghai]: Laoximen (3)

Tour du Monde - Chine [Shanghai]: Laoximen (2)

Derrière le marché aux insectes et aux oiseaux, de larges avenues et des ruelles plus étroites, très typiques, ne sont pas encore la proie des investisseurs immobiliers. Pour combien de temps encore ? Déjà, de grands pans de rues sont détruits et feront bientôt place à de nouveaux bâtiments modernes. Shanghai change, disparaît, se renouvelle, se transforme, se réinvente. On trouve de tout dans ces rues : du linge qui pend aux fils électriques, des antiquaires vendant toutes sortes d'objets chinois – du kitsch au classique. J'achète quatre petits flacons de parfums, dont l'intérieur du verre est peint à la main.








Tour du Monde - Chine [Shanghai]: Laoximen (1), quartier des antiquaires




Tour du Monde - Chine [Shanghai]: Wanshang Huaniao, marché aux insectes et aux oiseaux

Visite du marché aux insectes et aux oiseaux de Shanghai qui se situe dans le quartier de Xitiandi, en pleine vieille-ville. Il est vraiment intéressant de voir quelles petites bêtes une nation se choisit comme animaux de compagnie, quelle place leur est attribuée et quel sort elle leur réserve.



Les oiseaux aux belles couleurs, bien sûr, que l'on voit partout dans les rues, dans des cages en osier pendues au façades des maisons. Eux aussi ont leur petit vase Ming qui contient graines et eau. Mais aussi des animaux un plus exotiques pour nous...






En Chine, les criquets sont élevés avec soin, nourris, gardés dans des boîtes percées de curieux trous d'où on les entend chanter, coincés dans leur prison. Ils sont formés au combat ou conservés pour le plaisir de leur chant.



Les poissons aussi sont une source classique d'ornement des maisons et jardins en Chine. Le poisson est le symbole de la prospérité financière, et pour le Nouvel An chinois, les portes sont décorées à son effigie, accompagnée du signe du zodiaque de la nouvelle année.

Plusieurs personnes sont en train de choisir très consciencieusement de petits poissons qui nagent dans les bassines en plastique. Il y a une fabuleuse application à la tâche.

Je déambule dans les allées serrées et pleines de cages à oiseaux, quand je tombe justement sur plusieurs hommes affairés à un combat de criquets. Incroyables impressions que j'emmagasine...

12 déc. 2018

Tour du Monde - Chine [Shanghai]: Cirque de Shanghai (attention au vase Ming !)

Sur la rue Gonghe Xin, un grand chapiteau rouge que l'on voit de loin. Ce soir, je vois les assiettes tournoyer au bout de leur bâton, les vases chinois rouler sur les bras et tenir en équilibre sur les têtes, les ombrelles passer de pieds en talons, les corps virevolter dans les airs, les vélos chargés d'acrobates tourner sur la piste, les motos circuler dans une cage sphérique, les dos se casser en des positions fabuleusement tordues.
C'est un spectacle populaire, on peut y aller tous les soirs. Il y a encore quelque chose de magique dans le charme désuet du cirque.

9 déc. 2018

Tour du Monde - Chine [Shanghai]: Musée de Shanghai (上海博物館): collection de sceaux

Hormis l'exposition sur Dǒng Qíchāng, c'est la salle des sceaux qui attire mon regard.
Avec l'émergence d'une société plus bureaucratique et un besoin croissant en documents officiels, les sceaux sont d'abord utilisés par les fonctionnaires de haut rang pour valider leurs documents. Ces sceaux sont appelés Xi. Les structures sociales changeant, de nouveaux sceaux privés, appelés Yin, apparaissent durant la période de la dynastie Zou Orientale (770-256 avant J.-C.). Les sceaux Xi et Yin deviennent les deux faces d'une expression artistique qui s'épanouit il y a environ 2000 ans en Chine.


Sous la dynastie Ming et jusqu'au XVIème siècle, l'art d'engraver des sceaux entre dans une nouvelle phase, assimilant techniques calligraphiques et picturales.

Pendant les dynasties Shang et Zhou, les modèles, styles et inscriptions sont contrôlés par le gouvernement officiel. Les sceaux deviennent un symbole de pouvoir en permettant d'identifier leur propriétaire, son rang et son statut. Alors que les sceaux Xi se conforment à un jeu standard approuvé par l'administration de l'époque, les sceaux Yin adoptent des formes stylistiques plus sophistiquées et plus diverses, incluant parfois des phrases d'inspiration philosophique ou des épigraphes. Ils commencent à être porter en pendentif ou en bague. Des variations régionales apparaissent dans les styles et modèles utilisés aussi bien pour les sceaux Xi que Yin. La structure des caractères des sceaux Xi utilisés dans l'état de Qin suit les règles édictée par l'écriture occidentale Zhou qui formera la base de l'unification ultérieure des différentes polices utilisées pour les sceaux.

La dynastie Qin promulgue alors un décret 'Shu Tong Wen' demandant à ce que tous les caractères inscrits sur les sceaux Xi et Yin suivent un système graphique uniforme. Ce décret marque la transition d'un système d’états féodaux, chacun édictant ses propres règles, à un système de centralisation du pouvoir et de standardisation. 'Mou Zhuan' est le modèle choisi. Un bureau officiel consacre son activité à l'officialisation des sceaux : les formes deviennent plus symétriques, plus carrées, plus équilibrées, mais c’est également une période de grande liberté dans la conception des styles et des modèles. Les sceaux en jade commencent à apparaître et gagnent rapidement en popularité. Des conflits politiques éclatant cependant au cours des périodes de la dynastie Jin Orientale et des Cinq Dynasties qui amènent à une désintégration du système de standardisation des sceaux. C'est à ce moment que la popularité des sceaux commencent à décroître.

A la fin des dynasties orientale et occidentales Jin, l'écriture régulière 'Kai shu' vient remplacer les types d'écritures officiels. Les inscriptions et la police des caractères des sceaux de cette époque dénotent une simplification marquée et des formes plus angulaires pour les traits des caractères. La dynastie Sui réforme alors les styles précédents des sceaux. Les sceaux officiels deviennent plus larges et les écritures en style Xiao Zhuan sont engravées en relief. On voit apparaître un usage prononcé de la couleur.
Sous la dynastie Tang apparaissent des sceaux destinés à un usage massif. Une certaine prospérité urbaine émergeant, la population commence aussi à utiliser des sceaux. Les sceaux privés qui avaient un temps déclinés, recommencent à apparaître. En parallèle, les sceaux officiels de la dynastie Ming poursuivent le style des dynasties Jin et Yuan. Les sceaux Qing sont engravés aussi bien en écritures Han que Mandchou. Les styles sont mondains et rigides, et ces sceaux ne sont plus utilisés que pour la validation solennelle de documents. Au même moment, dans les sceaux à usage privé, apparaissent des styles imitant des formes anciennes.
Enfin, pendant la dynastie Ming, la calligraphie et la peinture qui atteignent des sommets artistiques, sont intégrées dans la conception des sceaux. Des experts en sceaux tels que Wen Peng, He Zhen, Su Xuan et Wang Guan fondent leurs écoles. Ils copient certes les modèles Qin et Han, mais en inventent de nouveaux. L'école d'Anhui, établie par He Zhen, et l'école de Loudong dirigée par Wang Guan, ainsi que celles de de Zhejiang et de Deng Shiru, deviennent des acteurs majeurs de cet art.