16 août 2026

De la féminité

C'est parce que la féminité est construite autour de l'idée que les femmes doivent répondre à tous les besoins des hommes et les soutenir.
Manon Garcia, Vivre avec les hommes, Réflexions sur le procès Pélicot, page 170.

15 août 2026

De l'érotisme masculin et de l'objectification sexuelle de la femme : sujet > verbe > objet

Est-ce que [ce] simple choix de mots ne reproduit pas, encore, ce qui est au coeur de l'érotisme masculin et que MacKinnon décrit ainsi : "Man fucks woman. Subject verb object". L'homme baise la femme, sujet verbe objet, pour montrer comment le langage même reproduit cette objectification sexuelle de la femme dans le sexe mainstream ?
Manon Garcia, Vivre avec les hommes, Réflexions sur le procès Pélicot, page 142.

De la banalité du mal et de la pauvreté intellectuelle

Ce qui est frappant, c'est, tout comme ce que décrivait Arendt, la récurrence des clichés, d'une certaine pauvreté de vocabulaire et d'une pauvreté de la réflexion morale.
Manon Garcia, Vivre avec les hommes, Réflexions sur le procès Pélicot, page 61.

14 août 2026

Hit The Road (Panah Panahi, 2021)

De la vie comme deuil

On passe tous par là. Je veux dire, toute notre vie, on perd des gens autour de nous. Des fois, on les perd juste de vue et ds fois, on les perd tout court. Ouais vie est une suite [...] de deuils. Toute sorte de deuils : de notre innoncence, d'endroits qu'on doit qitter, de certains rêves, certains espoirs. Parce qu'il ne faut pas seulement renoncer à ce qu'on a perdu, il faut aussi apprendre à renoncer à ce qu'on n'aura jamais.
Manchette/Niemiec, America(s), pages 285/286.

13 août 2026

De la vie intérieure

J’ai une vie intérieure. Une grande, une infinie vie secrète et intérieure et parfaitement à moi. […] Je peux vivre n’importe quoi et quand même me prendre un moment pour moi et me promener dans mon monde du dedans. J’essaie de dissimuler mon intelligence de peur de provoquer la colère de gens plus puissants qui pourraient s’en offenser. […] J’ai une très grande capacité de dissociation. Je peux me concentrer des heures sur quelque chose et ne pas perdre la concentration, quel que soit le contexte, le bruit autour de moi, les gens qui entourent. Je peux réfléchir soigneusement à un problème de traduction dans une soirée électro. […] J’ai une forte tolérance à la douleur. […] Je suis à la fois attirée et repoussée par ce qui est subversif. […] Je suis viscéralement incapable de croire en quoi que ce soit de spirituel. Je n’ai pas la foi. […] La phrase de Nietzsche à propos de l’art qui est la seule chose qui donne du sens à la vie me semble très juste ; elle révèle aussi qu’en dehors de l’art rien n’a de sens, tout est parfaitement cruel et absurde. J’ai grandi dans le mensonge. Ce mensonge me constitue. Il est même lié à la découverte de mon identité […] C’est-à-dire que j’ai découvert mon identité dans le même mouvement où la dissimulation s’imposait à moi.
Neige Sinno, Triste tigre, pages 177/178.

De la face cachée de la lune et de l'éclairage des choses

La face cachée de la lune est une abstraction. On a beau nous dire qu’elle existe, et nous expliquer de manière rationnelle qu’elle existe, cela reste difficile à croire. […] Comme on ne peut jamais la regarder, on pense que la face cachée est toujours dans l’obscurité. Or […] les rayons solaires atteignent l’autre face de la même manière. Elle est éclairée aussi. Nous dit qu’elle est très différente de ce qu’on voit depuis la Terre. La face visible est plane, composée de roches plates, lisses. L’invisible est pleine de cratères, de volumes tourmentés. Pourtant, elle reste obscure pour la plupart des gens. L’obscurité n’est pas une question d’éclairage. L’explication ne suffit pas. Le discours ne suffit pas. Tant qu’on ne l’aura pas vue, on n’arrivera pas à y croire.
Neige Sinno, Triste tigre, pages 38/39.

3 août 2026

De la solitude du mendiant et de celle de l'empereur

Un mot, deux états de conscience opposés : il y a la solitude du mendiant et il y a celle de l’Empereur.
La première est un état de manque et de vide, d'isolement à soi-même, de dépendance à tout ce qui peut combler ce sentiment de manque. La seconde est un état de plénitude et de satisfaction d’être ce que l'on est, sans besoin d’autre chose. Ces deux états se situent sur deux plans différents: le premier est un sentiment d’ordre psychologique, le second est existentiel. Le premier est à la périphérie de l'êtres, le second en est le centre.