Patrick Weber/Renaud Pennell, Sagarmatha, dernière page.
29 juil. 2026
18 juil. 2026
16 juil. 2026
De la coercition et du totalitarisme
[…] la fabrication des ces idéologies « émancipées de toute méthode de démonstration », « affranchies de toute expérience », fondées sur la « tyrannie de la logique » et du « calcul », à laquelle rien ne résiste et dont le produit est une cohérence qui n’existe nulle part dans la réalité. […] Les masses faites d’individus atomisés y adhèrent, ayant perdu leur « sens commun » en raison de la destruction de l’espace politique, et sous la pression des manipulations auxquelles les soumettent les régimes totalitaires […] et [les organisations qui] encadrent la population à tous les niveaux de la vie, l’éventualité même d’une persuasion étant enrayant d’emblée par la contrainte et la coercition. […] la destruction de l’espace psychique des humains soumis aus régimes totalitaires / à preuve, lorsque les mouvements perdent le pouvoir, leurs membres anciennement fanatiques cessent de croire au dogme pour se lancer en quête d’une nouvelle fiction prometteuse.
Julia Kristeva, Le génie féminin, 1. Hannah Arendt, page 224.
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15 juil. 2026
De l'universalisme et de l'antisémitisme
Plus subtilement, cependant, c’est dans la sécularisation et dans l’universalisme des droits de l’homme qu’Arendt dénonce la source cachée, si ce n’est la responsabilité française majeure, à laquelle remonte l’antisémitisme moderne. Tout en reconnaissant le « complexité des droites de l’Homme », elle développe la critique énoncée en son temps par Edmund Burke : sous prétexte d’universalité, l’idéologie des droits de l’homme serait un paradoxe, puisqu’elle réduirait la « personne » à un « être humain en général », « sans profession, sans citoyenneté, sans opinions ». Ainsi, cette idéologie priverait la personne de sa communauté politique qui est le seul « monde commun » dans lequel elle pourrait s’exprimer et intervenir, et, de ce fait, lui enlèverait toute signification : ce qui aboutirait à lui ôter tous ses droits. Les différences et les hiérarchies religieuses et politiques, historiquement constituées, sont abolies par l’universalisme qui, par là-même, ouvre la voie à un univers fait de différences naturelles, dans lequel ne peuvent régner que les données brutes de la sphère privée (différences d’intelligence, de couleur, etc.), et non pas les liens de justice tissés avec le temps, dans « l’espace d’apparence ». S’il n’existe que l’espèce animale Homme, elle ne comporte pas d’individus politiquement constitués, mais des spécimens naturels comme Nègres, Juifs, etc.
Julia Kristeva, Le génie féminin, 1. Hannah Arendt, page 199-200.
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10 juil. 2026
Du non-homme et de la non-femme, de la banailté du mal (1), de la pseudo-féminité (1)
« Donner des ordres ne sied pas à une femme ; et c’est pourquoi elle doit s’efforcer d’éviter de telles situations si toutefois elle tient à conserver ses qualités féminines. […] Le problème lui-même n’a joué pour moi personnellement aucun rôle », déclare-t-elle à ceux qui persistent à vouloir qu’elle s’exprime sur la lutte pour l’émancipation des femmes.
Toutefois, il ne s’agit plus pour elle, de donner des ordres que de les accepter. En effet, la docilité passive, que d’aucuns qualifieront de « féminine », caractérise chez Eichmann, au procès de Jérusalem, cette absence de pensée dont l’autre nom est la « banalité du mal ». Serait-ce cette pseudo-féminité acceptatrice qu’Arendt décèle chez le nazi quand elle constate que, sans être tout à fait inintelligent, il est banalement et ridiculement dépourvu de pensée ? qu’il n’a pas donné lui-même les ordres abjects, mais s’est contenté de s’y soumettre et de les transmettre ? Est-ce que Eichmann serait une espèce de non-homme, une sorte de fausse-femme : un clown ? « J’ai lu son interrogatoire de police, soit 3600 pages, et de très près, et je ne saurais dire combien de fois j’ai ri, ri aux éclats ! […] J’aurais probablement encore ri trois minutes avant ma propre mort. »
Toutefois, il ne s’agit plus pour elle, de donner des ordres que de les accepter. En effet, la docilité passive, que d’aucuns qualifieront de « féminine », caractérise chez Eichmann, au procès de Jérusalem, cette absence de pensée dont l’autre nom est la « banalité du mal ». Serait-ce cette pseudo-féminité acceptatrice qu’Arendt décèle chez le nazi quand elle constate que, sans être tout à fait inintelligent, il est banalement et ridiculement dépourvu de pensée ? qu’il n’a pas donné lui-même les ordres abjects, mais s’est contenté de s’y soumettre et de les transmettre ? Est-ce que Eichmann serait une espèce de non-homme, une sorte de fausse-femme : un clown ? « J’ai lu son interrogatoire de police, soit 3600 pages, et de très près, et je ne saurais dire combien de fois j’ai ri, ri aux éclats ! […] J’aurais probablement encore ri trois minutes avant ma propre mort. »
Julia Kristeva, Le génie féminin, 1. Hannah Arendt, page 55.
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7 juil. 2026
Du renard de Heidegger et des pièges
Il était une fois un renard si peu rusé qu’il tombait sans cesse dans des pièges. Il était en plus incapable de distinguer ce qui était un piège de ce qui ne l’était pas. […] Il se construisit un piège en guise de tanière, s’installa dedans et fit comme s’il s’agissait d’un piège ordinaire (non par ruse, mais parce qu’il avait toujours pris les pièges des autres pour leur terrier). Toutefois, il décida de devenir rusé à sa manière et d'habiter le piège qu’il avait fabriquait lui-même et qui ne convenait qu’à lui seul de façon à en faire un piège pour d’autres. Voilà qui témoignait encore une fois d’une grande méconnaissance en matière de pièges : personne ne pouvait vraiment entrer dans son piège puisqu’il y était déjà […]. Alors, notre renard eu l’idée de décorer son piège de la manière la plus splendide qui soit et d’accrocher partout des signes qui disaient clairement : « Venez tous voir le piège qui est ici, le plus beau piège du monde. » […] Si on voulait aller le voir chez lui, on était obligé d’entrer dans son piège. Tout le monde pouvait ressortir, sauf lui. Mais le renard qui logeait dans son piège disait fièrement : « Il y a tant de gens mon piège que je suis devenu le meilleur de tous les renards. » Et cette remarque contenait un part de vérité. Personne ne connaît aussi bien les pièges que celui qui reste dedans toute sa vie.
Julia Kristeva, Le génie féminin, 1. Hannah Arendt, page 45. [Doc. A5, août/septembre 1953, Dektagbuch, cahier XVII in Hannah Arendt, Martin Heidegger, Briefe, pages 382-383.]
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