22 nov. 2018

Tour du Monde - Le goût de la Chine (10): Jianbing [煎饼]

Le jianbing est une crêpe chinoise que l'on mange traditionnellement au petit-déjeuner. J'ai découvert cette délicieuse petite crêpe en attendant mon nouvel ordinateur qui devait arriver d'un moment à l'autre dans le magasin – mon nouvel ami chinois Marc ayant envoyé illico presto un coursier sur scooter chercher un modèle de couleur bleue, mais ceci est une autre histoire… le temps donc pour moi d'aller me chercher un en-cas dans le coin.
Sur la crêpe, un œuf cassé à peine cuit dont on badigeonne la pâte. Par-dessus: différents condiments, une fine plaque de biscotte craquante frite appelée baocui (薄脆), des oignons, de la coriandre fraîche, de la sauce soja, un peu de chili pour qui veut. On plie en quatre, on coupe en deux. Saliver !


Il paraît que cette crêpe vient du nord-est de la Chine, mais curieusement, je ne l'ai jamais vue durant mon périple dans cette zone du pays. L'histoire raconte que dans la province de Shandong, pendant la période des Trois Royaumes, le chancelier, en pleine guerre, demanda à ses chefs de fabriquer un plat qui pourrait rapidement consolider les estomacs et le moral de ses troupes. Aussitôt dit, aussitôt fait : la crêpe est préparée, la bataille gagnée.

21 nov. 2018

Tour du Monde - Le goût de la Chine (9): Poisson au court-bouillon, gimgembre, citron, racines de lotus et sauce soja

Tour du Monde - Le goût de la Chine (8): Pitaya, ou le Fruit du Dragon

Petit-déjeuner avec ce beau fruit rose fushia. On dirait un ovni et c'est un régal : j'en mange des quantités astronomiques depuis que je suis à Shanghai. La texture ressemble un peu à celle du kiwi, la chair est peu sucrée.
Originaire du Mexique, les cactus portant le pitaya sont importés au Viêtnam par les colons français au début du XIXème siècle. Le pitaya est d'abord réservé à la famille royale, puis à la bourgeoisie locale. Il est aujourd'hui cultivé dans toute l'Asie du Sud-Est et la côte sud-est de la Chine. Il existe trois variantes : à peau rose et pulpe blanche, à peau rose et pulpe rouge, à peau jaune et pulpe blanche. Les blancs et rouges sont très courants sur les marchés de Shanghai.

20 nov. 2018

Tour du Monde - Chine [Shanghai]: Columbia Country Club

Tour du Monde - Chine [Shanghai]: Tous les matins: Tai Chi

Tous les matins, en bas de mon bâtiment, je vois des gens qui pratiquent le tai chi.

18 nov. 2018

Tour du Monde - Chine [Shanghai]: Shanghai Yang Peiming Propaganda Poster Museum

Le Shanghai Yang Peiming Propaganda Poster Museum est une curieuse et non moins géniale initiative d'un homme qui s'est donné comme mission de sauver de la destruction toutes les affiches de propagande qu'il pouvait récupérer dans les rues depuis vingt ans. Carcan politique ou tremplin artistique – et souvent les deux, l'époque a donné naissance à des posters très créatifs qui retracent, malgré eux, une ère distinctive de l'histoire de la Chine. Ce petit musée se trouve dans la cave du particulier en question : quelques 6000 affiches, tout de même. Il faut trouver la maison, mais une fois trouvée, c'est passionnant.
Les fiches de propagande sont une particularité à la fois artistique et historique de l'histoire des arts de la Chine. Une génération entière d'artistes dédiera son travail et sa vie à la création et au développement d'une imagerie remplissant spécifiquement les buts de la propagande installée sous Mao. Du réalisme socialiste aux formes artistiques les plus contemporaines, aucun autre leader et homme politique n'a fait converger les forces artistiques à une telle échelle. C'est dans ce cadre rigide qu'on voit pourtant apparaître des trésors d'invention intellectuelle et de graphisme.
Ce travail remonte d'ailleurs à une époque antérieure : les caricatures de la Chine moderne émergent après l'ouverture du port de Shanghai, au tournant du XXème siècle. Elles reflètent un processus d'hybridation des cultures chinoises et occidentales à travers des stratégies de communication en évolution à l'epoque et historiquement liées à l’évolution du journalisme et de la culture de masse. Dans les années 1920-1930, les caricatures se répandent dans la majorité des magazines de Shanghai, dont le plus ancien et le plus connu est le ‘Shanghai Sketch'. Ce magazine, créé en 1928, bénéficie du soutien de Zhang Guangyu et Zheng Zhengyu. Il est édité par Huang Wen Nong, Lu Shaofei et Ye Qianyu. En 1930, le magazine est renommé ‘Modern Sketch' pour pouvoir continuer à être publié. Ce journal rassemble alors un nombre important de talentueux artistes tels que Cai Ruohong, Zhang Ding, Zhang Leping et Ding Cong. Ces artistes ne créent pas seulement des pièces uniques et originales, ils promeuvent aussi l'art moderne français et l'Art Nouveau européen, rapporté par Liu Haisu, Lin Fengmin et Pang Xunqin. Effet unique de la caricature, imagination infinie et puissante, influence du cubisme, de l’expressionnisme, du surréalisme et du dadaïsme – voilà les concepts et force artistiques occidentaux qui contribuent à créer une avant-garde chinoise. La caricature, produit de la culture métropolitaine, les films – Shanghai concentrait l'industrie du film oriental à cette époque, les revues, les romans sociaux populaires de la Butterfly School constituent une source de création essentielle pour les Shanghaiens de l'époque, et un incisif esprit de liberté règne sur la ville. Après le déclenchement de la guerre sino-japonaise en 1937, tous les magazines de caricatures à Shanghai sont démantelés, et l'âge d'or des caricatures, tout comme l'univers onirique de Shanghai, touchent â leur fin. Mais les techniques demeurent.
1954-56
A cette époque, la situation politique du pays est relativement stable et la constante amélioration de l'économie permet au plus grand nombre de profiter d'une vie paisible. Le contenu des affiches de propagande renvoie alors principalement à l'objectif d'intensifier la production industrielle et agricole, tout en faisant la promotion de l'éducation. C'est aussi à ce moment que l'influence du style constructiviste russe devient de plus en plus visible, bien que l'esthétique des posters du Nouvel An s'inspire encore davantage des techniques utilisées pour la création des posters-calendriers ‘Shanghai Lady' des années 30. La technique similaire, mais images véhiculent un tout autre message politique.
1957-62
Au cours de ces cinq années, les mouvements politiques commencent à mobiliser l'opinion générale en Chine. Près d'un intellectuel sur dix est alors catégorisé de ‘droitisant’ en 1957 et devient l'ennemi de la classe populaire. Bientôt, de gigantesques développements sont mis en marche, avec notamment le Bond en Avant et les communes populaires.
Dazibao : le 'poster a grande effigie'
Pendant la Révolution Culturelle de 1966 à 1976, des millions de dazibao sont créés en Chine. Le dazibao est une grande affiche présentant un personnage. Utilisés comme arme de dénonciation, les dazibao sont autorisés par la Constitution, puis interdits en 1979 à l’arrivée de Deng Xiaoping au pouvoir. Pendant ces années de radical changement, les artistes sont encouragés – pour certains forcés, mais beaucoup non, à célébrer la naissance d'une Chine nouvelle. Qu'est-ce qu'expriment ces artistes ? Rien de personnel, toujours la gloire des temps nouveaux et à venir. Beaucoup de ces artistes étaient d'ailleurs déjà rodés à l'exercice, ayant été amenés à produire des affiches du même genre soutenant la lutte anti-japonaise et le mouvement nationaliste de libération dans les années 30 et 40. La plupart des affiches de cette époque sont imprimées dans des usines privées de Shanghai.
1966-1971
La Révolution Culturelle est inaugurée à l'été 1966. Le culte autour de la personnalité de Mao atteint alors son apogée. Il ne s'agit plus d'une représentation de l'homme politique, mais de sa stylisation. Certains posters, mais peu, seront aussi créés à l'effigie de Liu Shaoqi et Deng Xiaoping. Les thèmes traités sont les grands thèmes classiques récurrents de la propagande, qu'elle soit russe, chinoise ou européenne de l’époque : soutien à la révolution internationale contre l’impérialisme américain, rejet du révisionnisme russe, envoi des étudiants à la campagne, apologie du travail ouvrier, etc.
1972-73
Au cours des années 1972 et 1973, la production d'affiches de propagande est faible en comparaison avec la période qui précède. Mais on voit encore des scènes faisant l'apologie de Mao et des masses euphoriques devant l'ère à venir, le Petit Livre Rouge en main. Le principal objectif de ces œuvres est d'encourager le peuple à s'imprégner de plus de littérature communiste. On assiste à un relatif retour à la normale, Deng Xiaoping étant libéré et réintégré au gouvernement. Le président Nixon est invité en Chine : la production d'affiches de propagande anti-américaine cesse en conséquence. Néanmoins, l'année 1974 voit apparaître des publications critiquant Lin Biao et Confucius, suivies deux années de mise en place d'une tendance droitiste à l'initiative de Deng Xiaoping.
1976
Mao meurt en septembre 1976, la Bande des Quatre est bientôt arrêtée. Hua Guofeng devient président du Parti. Les dix longues années de la Révolution Culturelle s’achèvent. Dès la mort de Mao, les affiches et posters gigantesques, sont retirés des rues de Chine et détruits. Pendant cette période, Hua Guofeng, le successeur de Mao, persiste dans la voie des théories de gauche et fait publier un grand nombre d'affiches à sa propre gloire. Au même moment, le sujet principal des posters de propagande se détourne de la révolution pour se recentrer sur le processus de modernisation.
1979
Deng Xiaoping arrive au pouvoir et rétablit l'ordre au milieu du chaos politique et économique général. Il met officiellement fin au dazibao et aux posters de propagande. Tout le matériel est détruit et recyclés dans des usines à papier.
On trouve très peu de posters de propagande de nos jours, ce qui rend cette collection privée inestimable.

17 nov. 2018

Tour du Monde - Chine [Shanghai]: Sur le Waitan, le long de la Huangpu (4): Tai Chi

Tour du Monde - Chine [Shanghai]: Sur le Waitan, le long de la Huangpu (3): vue sur le Pont de Nanpu

Tour du Monde - Chine [Shanghai]: Sur le Waitan, le long de la Huangpu (2)


Tour du Monde - Chine [Shanghai]: Sur le Waitan, le long de la Huangpu (1)


Tour du Monde - Chine [Shanghai]: Salut de Shanghai et vue sur Pudong (4)

Tour du Monde - Chine [Shanghai]: Vue sur Pudong (3)

Tour du Monde - Chine [Shanghai]: Vue sur Pudong (2)

Tour du Monde - Chine [Shanghai]: Vue sur Pudong (1)

Tour du Monde - Chine [Shanghai]: Bund (Watai) [外滩] (4)

Tour du Monde - Chine [Shanghai]: Bund (Watai) [外滩] (3)

Tour du Monde - Chine [Shanghai]: Bund (Watai) [外滩] (2)

Tour du Monde - Chine [Shanghai]: Bund (Watai) [外滩] (1)

Le Bund (> anglo-ourdou : 'rive boueuse') est appelé Waitan (外灘) par les Chinois. Boulevard de la ville de Shanghai, il est situé au sein de l'ancienne concession internationale de Shanghai, sur la rive ouest de la rivière Huangpu, au sud de sa confluence avec la rivière Suzhou. Le Bund mesure 1,5 km et commence au sud à Yan'an Road (ancienne avenue Édouard VII) et se termine au pont Waibaidu (ancien Garden Bridge) au-dessus de la rivière de Suzhou.
Le temps des concessions
À l'emplacement d'origine du Bund ne se trouvent d'abord que des rives boueuses. Au XIXème siècle, les guerres de l'opium et l'ouverture du port aux Occidentaux donnent naissance au Bund : c'est l'endroit où arrivent en bateau les étrangers. Le Bund de Shanghai comprend alors une douzaine de bâtiments historiques datant de l'époque des concessions internationales, le consulat de Russie et de Grande-Bretagne et quelques palaces, dont le Peace Hotel. À la fin des années 1930, du fait du début de la Seconde Guerre mondiale, de nombreux militaires (Britanniques, Américains, Français, Italiens, Japonais) stationnent dans le port, le long du Bund. À l'aube des années 1940, il comprend les centres d'affaires de la majorité des entreprises étrangères opérant en Chine, dont les quatre principales banques de la République de Chine. L'activité portuaire avec ses ferrys, ses jonques, ses cargos, est alors très intense.
Sous le régime communiste chinois
À l'arrivée des communistes au pouvoir en 1949, la quasi-totalité des institutions financières quittent le pays, et les hôtels et clubs cessent leurs activités. Les statues coloniales de la promenade sont déboulonnées. Le siège du nouveau gouvernement communiste y tient un temps résidence. Entre 1950 et 1990, aucun building n'est construit sur le Bund, mais aucun n'est détruit. Sous Mao, la ville est dans un état de gel avancé.
Le Bund est jalonné de somptueux édifices de style européen et de banques ou de compagnies coloniales des années 1930. Sur Zhongshan Road, on dénombre 52 édifices de types européens qui symbolisent l'architecture coloniale d Bund. Leur style architectural varie du style roman au style gothique, en passant par les styles Renaissance, du baroque, du néo-classique, des Beaux-Arts et Art déco.
Le Bund est la signature de Shanghai depuis plus d'un siècle. Marcher le long des ses magnifiques bâtiments donne le sentiments de pouvoir appréhender ce qui a fait la splendeur de la ville au début du XXème siècle. Les dômes et tours des banques et compagnies de commerce les plus importantes d'Orient de l’époque – c'est ce qu'apercevaient en premier les arrivants de cette ère pré-aviatique. Je pense au pendant qu'a pu offrir New York à la même époque, lorsqu'on voyait approcher la Statue de Liberté du paquebot qui vous amenait vers un Nouveau Monde.

Tour du Monde - Chine [Shanghai]: On danse dans les rues de Chine (2)


Tour du Monde - Le goût de la Chine (7): Rousong, flocons de porc séché [肉鬆]

Encore une curiosité de la cuisine chinoise : le rousong est une préparation de viande séchée dont la texture légère et duveteuse fait penser à du coton. Le rousong est préparé en laissant mijoter des morceaux de porc dans un mélange de sauce soja sucrée jusqu'à ce que chaque fibre du muscle puisse être effilochée facilement à l'aide d'une fourchette. La viande effilochée est ensuite égouttée et séchée dans un four. Après ce séchage, elle est écrasée et malaxée tout en étant chauffée sans huile dans un grand wok jusqu'à s'assécher presque totalement. On obtient un kilogramme de rousong à partir de cinq kilogrammes de viande. Il existe aussi une variante faite à partir de poisson, le yú sōng (魚鬆). Les Chinois mettent ces flocons de viande séchée sur les pâtisseries, notamment dans une petite brioche qui contient, par ailleurs, une fine couche de mayonnaise sucrée. On peut aussi le consommer seul, comme snack. J'ai mis un moment avant de comprendre ce que c'était. Franchement, l'inattendu mélange salé-sucré est fameux.

Tour du Monde - Le goût de la Chine (6): Rougan [肉干]

Le rougan (appelé aussi bakkwa) est un morceau de viande séchée sucré-salé présenté en fines tranches carrées. Originaire du Fujian, il est considéré comme une sucrerie en Chine. Le rougan est fabriqué en suivant une ancienne méthode de conservation chinoise qui consiste à faire sécher sur une plaque, entre 50 et 60 °C, des morceaux de bœuf, de porc ou de mouton préparés avec des épices, du sucre, du sel et de la sauce soja. Il existe de nombreuses variétés de rougan comme le shafu, moins déshydraté, moins sucré, plus clair.

Tour du Monde - Le goût de la Chine (5): Magasins de bonbons

On les voit un peu partout en Chine et à Shanghai. Les vendeurs sont au fond de leur magasin, toujours occupés à faire autre chose que vendre leur marchandise : jujubes fourrés aux noix, White Rabbits, fruits confits, œufs de caille au soja, patte de poulet macérées... Oui, ce sont des confiseries en Chine.

16 nov. 2018

Tour du Monde - Chine [Shanghai]: Langao Road (岚皋路), de nuit [Putuo District, devant chez moi]


Tour du Monde - Chine [Shanghai]: Rivière Wusong (2)


Tour du Monde - Chine [Shanghai]: Rivière Wusong (1)

Tour du Monde - Le goût de la Chine (4): Hong shao rou [红烧肉], poitrine de porc braisée à la shanghaïenne

Depuis que je suis à Shanghai, je goûte un nombre incalculable de plats. Les variations sont si nombreuses que le plaisir de découvrir des nouvelles saveurs est infini. Le hong shao rou ou porc braisé cuit 'à la rouge', est le plat emblématique de Shanghai : gras, légèrement sucré, une base de sauce soja, c'est tellemment bon...
Ingrédients
• poitrine de porc coupée en gros cubes
• 2 cuillers à café d’huile
• 1 cuiller à café de sucre brun
• 3 cuillers à café de vin de Shaoxing
• 1 cuiller à café de sauce soja légère
• ½ cuiller à café de sauce soja noire
• cannelle
• anis étoilée
• gingembre
• 2 tasses d’eau
Instructions
1. Couper la poitrine de porc en gros cubes.
2. Faire revenir les cubes de porc jusqu’à ce qu’ils soient dorés. Réserver.
3. A bas feu, mélanger le sucre, l'eau et un peu d'huile pour obtenir un caramel. Ajouter les deux sauces soja et le vin de Shaoxing, puis faire revenir le porc dans la sauce jusqu'à ce qu'il ait pris la couleur de la sauce.
4. Couvrir d'eau et laisser mijoter entre 45mn et 1h30. Remuer.
5. Une fois que le porc est devenu très tendre, retirer le couvercle et laisser réduire jusqu'à obtenir une sauce épaisse et brillante recouvrant la viande.

15 nov. 2018

Tour du Monde - Chine [Shanghai]: Yan’an Elevated Highway (4), pilier du dragon (2)

Tour du Monde - Chine [Shanghai]: Yan’an Elevated Highway (3), pilier du dragon (1)

Tour du Monde - Chine [Shanghai]: Yan’an Elevated Highway (2)

Tour du Monde - Chine [Shanghai]: Yan’an Elevated Highway (1) ou comment le centre est immuable et la jonction vitale

Je travaille à quelques pas de l'autoroute surélevée Yan'an et ça fait déjà plusieurs fois que je me dis qu'il faut que je la photographie. Le truc est un monstre gigantesque surélevé qui traverse le quartier de Puxi. C'est un long ruban de béton qui se déroule de lui-même et vous passe au-dessus la tête. C'est un truc qui crève l'espace.
Une partie de l'autoroute surélevée est éclairée par des néons bleus, que l'on voit d'aileurs dans le James Bond Skyfall.

Shanghai a un réseau d’autoroutes surélevées très dense : la Chengdu Elevated Highway, qui établit un axe nord-sud, et la Yan'an Elevated Highway qui court d'est en ouest. Ces deux autoroutes quadrillent la ville selon en patron ressemblant au caractère chinois 田 (tián) qui signifie 'terrain'.
Le pilier central qui soutient la jonction des deux autoroutes surélevées est décoré d'un dragon. Une légende locale raconte qu'alors que la construction de l’autoroute avançait à grands pas, un problème survint exactement au niveau de la conjonction des deux voies : un pilier refusait se s'enfoncer dans un terrain pourtant meuble. Des centaines d'experts auraient été commissionnés pour se pencher sur le problème, sans trouver de solution. Le ciment versé dans le sol pour l'affermir disparaissait inexplicablement. Pendant ce temps, les langues des travailleurs allaient bon train, répandant comme une traînée de poudre une théorie du Fengshui selon laquelle le pilier aurait accidentellement toucher la veine du dragon de Shanghai. En chinois, le terme de veine du dragon désigne la ligne de crête des montagnes qui a une place toute particulière dans les croyances chinoises. On dit que le pays est composé de plusieurs tronçons de montagnes représentant la colonne vertébrale d'un dragon, le patron mystique de la Chine. Les veines du dragon sont les axes vitaux répandant la vie. Devant la perplexité des ingénieurs, deux officiels du gouvernement furent dépêchés au temple Longhua de la province du Zhenchan pour consulter un fameux moine, maître du Fengshui, qui demanda à ce qu'un dragon soit représenté sur le pilier central.

14 nov. 2018

Tour du Monde - Le goût de la Chine (3): Jian dui (zhi ma qiu) [煎堆]

Les jian dui sont des boules de sésame frites grosses comme le poing, constituéee de farine de riz gluant recouverte de graines de sésame. L'extérieur est croustillant, l'intérieur légèrement collant. Le gonflement de la pâte au cours de la cuisson crée un volume creux occupé généralement par une farce à base de pâte de lotus, de pâte de haricots noirs (黑豆沙, hei dousha) ou rouges (紅豆沙, hong dousha) ou de pâte de sésame noir. Je les avais déjà goûtées au Tibet, elles étaient vendues dans les petites échoppes chinoises.

13 nov. 2018

Tour du Monde - Le goût de la Chine (2): Dumplings (2)

Tour du Monde - Le goût de la Chine (1): Dumplings (1)

S'il y a bien quelque chose qu'on mange tout le temps en Chine, ce sont les dumplings. Je ne comptais pas repartir de Chine sans savoir les faire, et ça y est : ce soir, c'est cours de cuisine avec quelques amis chinois.
La recette pour la pâte est bien plus simple que je ne pensais : de la farine, de l'eau. Les deux farces classiques sont celles à la viande de porc et celle à ce petit légume vert fameux et typiquement chinois dont je n'ai pas encore repéré le nom. Les dumplings sont soit bouillis, soit cuits à la poêlle, soit frits. On trouve aussi des soupes de dumplings.