« Donner des ordres ne sied pas à une femme ; et c’est pourquoi elle doit s’efforcer d’éviter de telles situations si toutefois elle tient à conserver ses qualités féminines. […] Le problème lui-même n’a joué pour moi personnellement aucun rôle », déclare-t-elle à ceux qui persistent à vouloir qu’elle s’exprime sur la lutte pour l’émancipation des femmes.
Toutefois, il ne s’agit plus pour elle, de donner des ordres que de les accepter. En effet, la docilité passive, que d’aucuns qualifieront de « féminine », caractérise chez Eichmann, au procès de Jérusalem, cette absence de pensée dont l’autre nom est la « banalité du mal ». Serait-ce cette pseudo-féminité acceptatrice qu’Arendt décèle chez le nazi quand elle constate que, sans être tout à fait inintelligent, il est banalement et ridiculement dépourvu de pensée ? qu’il n’a pas donné lui-même les ordres abjects, mais s’est contenté de s’y soumettre et de les transmettre ? Est-ce que Eichmann serait une espèce de non-homme, une sorte de fausse-femme : un clown ? « J’ai lu son interrogatoire de police, soit 3600 pages, et de très près, et je ne saurais dire combien de fois j’ai ri, ri aux éclats ! […] J’aurais probablement encore ri trois minutes avant ma propre mort. »
Toutefois, il ne s’agit plus pour elle, de donner des ordres que de les accepter. En effet, la docilité passive, que d’aucuns qualifieront de « féminine », caractérise chez Eichmann, au procès de Jérusalem, cette absence de pensée dont l’autre nom est la « banalité du mal ». Serait-ce cette pseudo-féminité acceptatrice qu’Arendt décèle chez le nazi quand elle constate que, sans être tout à fait inintelligent, il est banalement et ridiculement dépourvu de pensée ? qu’il n’a pas donné lui-même les ordres abjects, mais s’est contenté de s’y soumettre et de les transmettre ? Est-ce que Eichmann serait une espèce de non-homme, une sorte de fausse-femme : un clown ? « J’ai lu son interrogatoire de police, soit 3600 pages, et de très près, et je ne saurais dire combien de fois j’ai ri, ri aux éclats ! […] J’aurais probablement encore ri trois minutes avant ma propre mort. »
Julia Kristeva, Le génie féminin, 1. Hannah Arendt, page 55.
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