17 déc. 2012

Le goût des Pays-Bas (10): pepernoten et kruidnoten (1)

Perpernoten, kruidnoten, initiales en chocolat et sucreries sont les friandises typiques de la Sinterklaas, regroupées sous la dénomination de strooigoed : un mot difficilement traduisible par un concept équivalent car il recouvre une pratique inexistante dans les pays de tradition latine. Goed est un terme générique désignant un ensemble, un totalité, une richesse ; strooien signifie éparpiller, étendre, répandre. Lors de la fête de la Sinterklaases, les enfants reçoivent leur intiales en chocolat, et les pepernoten ou autres groumandises sont lancées et répandues dans les pièces le soir du 5 décembre pour annoncer la venue du Sint.* 
La peppernoot ("noix au poivre") et la kruidnoot sont des biscuits de seigle composés de beure, de sucre et des fameuses speculaaskruiden, les épices qui donnent son goût si typique à ce petit gâteau et que les Pays-Bas ont totalement intégrées à leur tradition patissière depuis l'établissement d'un commerce avec leur colonies orientales: canelle, noix de muscade, anis, poivre, clou de girofle et coriandre. Le soir de la Sinterklaas, Zwarte Piet disperse ces biscuits en les faisant rouler dans la pièce où Sinterklass ne manque pas d'apparaître. Cette tradition remonte à une légende qui dit que Saint-Nicolas rencontra un jour trois jeunes filles que leur père forçait à se prostituer pour rassembler l'argent de leur dot. Saint-Nicolas fit rouler dans la pièce la monnaie sonnnate et trébuchante dont elles avaient besoin pour se marier. On dit aussi que le geste de jeter et disperser les pepernoten dans la pièce représent la semence, symbole de la fertilité, que le paysan jette dans son champ. Ce rituel de fertilité, désormais oublié, avait lieu en décembre et rapelle d'autres rituels symboliques toujours pratiqués de nos jours : le riz ou les confettis, par exemple lors de mariages ou des carnavals.
Mais n'est pas perpernoot qui veut : une kruidnoot ne pourra jamais se reconvertir pepernoot et vice-versa. Question de statut, mais surtout de forme, de couleur et de goût.
La kruidnoten est ce petit biscuit rond d'un côté, plat de l'autre, de couleur brun foncé.
Croustillant, sucré, un délice d'épices et de simplicité. Les kruinoten sont faits de farine de froment et des mêmes épices que le speculaas. J'en mange un kilo par an.

La perpernoot est ce biscuit sans forme précise, un peu élastique sous la dent et très anisé. Il existe deux variantes : une souple, dont la recette comporte du miel et la perpernoot traditionelle, très coriace, dont le goût sucré est dû au sirop.

Le taaitaai ou taai taai, une pepernoot en forme de petite figurine (Sinterklaas ou Zwarte Piet), est préparé à partir de la même pâte que la perpernoot, mais est beaucoup plus elastique. Kruidnoten et perpernoten se déclinent en plusieurs variations culinaires et régionales : la kruidnoot de la Frise avec beaucoup d'anis, kruidnoten aux chocolat, kruidnoten au caramel... les magasins en sont pleins dès que les jours s'assombrissent.
Cette année, en novembre et décembre, je me suis lancée dans un test comparatif de (presque) toutes les sortes de kruidnoten et pepernoten que l'on trouve dans le commerce du coin. Les longues soirées d'hiver, sombres et froides, se prêtent bien à ce genre d'études. J'ai testé mes noten en tout genre les yeux ouverts, une tasse de thé au gengembre dans les mains... et en aveugle. Impartialité oblige.
KRUIDNOTEN ET PEPERNOTEN TESTEES:
Kruidnoten Groot Albert Heijn
Bolletje Naturel kruidnoten
Hema kruidnoten
Bolletje Kandij kruidnoten
Bolletje Chocolade kruidnoten
Bolletje Karamel kruidnoten
Bolletje Truffel kruidnoten
Bolletje Oud-Hollandsche pepernoten
Bolletje Taai Taai

LES ORIGINALES:

Hema Kruidnoten:
Pas très cher, mais pas terrible non plus, malheureusement. Un produit qui ne tient pas totalement sa promesse : malgré une bonne structure sous la langue et un mélange d'épices bien équilibré, l'aspect de la perpernoot est un peu décevant : totalement lisse sur un côté. On n'y croit pas et c'est quand même dommage (je rappelle le contexte : Sinterklaas). Autre déception : croustillante comme elle se doit, la perpernoot de Hema perd très vite son côté craquant et se ramollit en quelques jours. Éliminée dès le premier tour.

Bolletje Naturel Kruidnoten/kruidnoten Groot Albert Heijn:

Double test, sachant qu'il s'agit des originales dans le commerce ordinaire. De manière générale: beaucoup mieux en terme de goût par rapport à HEMA. Les épices prévalent sur le sucre. La structure est plus authentique: craquelée, on imagine mieux la belle cuisson au four (industriel...). De bonne structure, celles-ci restent croustillantes plus longtemps même après plusieurs jours passés sur la table. Pour une même structure et un même croustillant que les Bolletje, j'ai eu l'impression que celles d'Albert Heijn suivent moins en goût. J'ai refait le test en aveugle pour vérifier la différence : j'opte pour Bolletje. Ik wil Bolletje!

Bolletje Oud-Hollandsche pepernoten:
La véritable kruidnoot. Très bonne, comme on l'imagine. J'aime particulièrement la couleur dorée, plus proche du jaune anisé que des bruns.

>> RESULTATS INTERMEDIAIRES: 
Vainqueurs: Bolletje Naturel Kruidnoten et Bolletje Oud-Hollandsche pepernoten. Du coup, j'ai poursuivi mes test avec les speciales de Bolletje seulement.

LES SPECIALES:
Remarque générale: rien ne vaut le naturel et l'authentique vers lequel va toujours ma préférence en matière culinaire. Mais j'ai voulu tester ces variantes. Qui sait... garder l'esprit ouvert et la papille aux aguets...

Bolletje Kruidnoten Minder Suiker:
Pourquoi effectivement ne pas manger moins de sucre ? Je n'ai d'abord remarqué aucune différence en terme de gôut, ce qui est plutôt bon signe puisque les Bolletje Naturel Kruidnoten étaient très bonnes. Mais s'il y a moins de sucre, alors il a plus de quoi pour obtenir le même goût ? Je me suis penchée sur le paquet :
- sa couleur bleue est judicieusement choisie (enfin, il ne faut pas non un plus un QI de génie pour avoir cette idée...), le bleu (ou le violet) étant convenus tacitement comme étant des couleurs indiquant le light dans l'agro-alimentaire. Personnelement, j'aurait préféré le violet, une couleur plus profonde, qui rappelle le chocolat (Milka) et donc la période des fêtes, mais aussi qui fait moins "délavé", "sans goût". Le bleu n'est pas franchement une couleur qui parle de cuisine.
- 30% minder zuiker (30% de sucre en moins). Mais de moins que quoi ? Sans grande surprise : que rien, car:
– elles sont littéralement bourrées de sel, tout comme les traditionelles kruinoten d'ailleurs. Plus que dans un paquet de chips naturel et cinq fois plus qu'un speculaas. Incroyable, mais vrai. Ou plutôt incroyable, mais crédible quand on parle de produit agro-alimentaire de ce type.
– le sucre traditionnel est remplacé par un sirop de glucose et de fructose qui est finalement aussi un sucre fabriqué à partir de maïs, mais de moins bonne qualité. D'autre part, le sirop de fructose est généralement saturé en gras.

Bolletje Kandij Kruidnootjes:
D'entrée de jeu, je n'en avais pas tellement envie, le sucre (candi) n'allant pas forcément avec une kruidnoot de manière théorique, je trouve. Le biscuit étant déjà très sucré, qu'apporterait le candi? La déception était à la hauteur de cette réflexion et pourtant, cette kruinoot ne m'a pas laissée indifférente. Plus petites de format, le sucre candis domine et dénature beaucoup le goût original de la perpernoot. Impossible de véritablement identifier les épices. Cependant, elles étaient très bonnes au niveau de la structure et excellentes au niveau du croustillant. Un bel aspect rustique également.

Bolletje Chocolade Kruidnoten:


Remplissez plus le paquet les gars, il est à moitié vide encore fermé... Même chose pour la version caramel et truffe. Sinon, rien de particulier à signaler: un glaçage tricolore qui n'interfère pas trop avec le croustillant du biscuit, mais qui ne lui apporte pas grand'chose non plus. Le chocolat est de qualité moyenne (je ne parle même du soit-disant chocolat blanc) et finalement, c'est la variante au lait qui s'en tire le mieux, la chocolat noir n'appelant pas tellement les nuances fortement sucrées à mon avis. L'intérêt réside plutôt dans le trio de couleurs que dans le goût.
Bolletje Karamel Kruidnoten:


Là encore, je ne partais pas très enthousiaste à l'idée du caramal associé à la kruidenoot. Trop sucrée? Trop marron? Trop de nuances faisant dans les épices? Pour les enfants qui ne sont pas encore sortis du tout sucré et les adultes qui sont encore des enfants.


Bolletje Truffel Kruidnoten:


Aha! Les recherches n'auront pas été vaines. Belle couleur cacao parsemée de petites taches noir foncé comme sur les vraies truffes au chocolat. Un velouté sous le palais qui contraste avec le croustillant de la kruidenoot. Un goût à la fois crémeux (chocolat truffé) et du caractère (épices de la kruidnoot). Cette kruidenoot est faite de couches successives avec un cœur de kruidnoot, recouvert d'une fine couche blanche crémeuse, le tout saupoudré de cacao . Excellentes !
J'ai laissé tomber les Albert Heijn Kruidnoten Yoghurt, Albert Heijn Kruidnoten Cappuccino et Mokka et Bolletje Roomboter Kruidnootjes et Bolletje Taai Taai. Je n'en pouvais plus.

>> RESULTAT FINAL:
1. Grands vainqueurs exequo: Bolletje Naturel kruidnoten et Bolletje Truffel Kruidnoten
2: Bolletje Oud-Hollandsche pepernoten
3. Pas de troisième place.
Éliminés: Hema Kruidnoten, Bolletje Kandij Kruidnoten, Bolletje Chocolade Kruidnoten, Bolletje Karamel kruidnoten.

Allez, l'année prochaine, je m'achète le sac de Sinterklaas.

13 déc. 2012

Restaurant Bordewijk [Noordermarkt 7, Amsterdam]

Strakke, bijna Bauhaus-achtige pui, lijnen van licht die naar de bar wijzen. Aan weerszijden een groene, golvende houten wand en in het midden simpele tafels en stoelen met stalen onderstel. Mooie glanzvolle glazen en bestek, kaarsen voor de edel touch. Het geheel doet mooi afstandelijk maar niet kil aan.
Op het menu:
- Een champagne brut opent feestelijk de avond.
- Om te wachten: vers gebakken brood met boeter, en-bouche van gerookte ham.
- Eerste voorgerecht: mini-langoesten met kokkels in groene pesto-saus.
- Tweede voorgerecht: kabeljouw-filet met gebakkene schorseneren en schorseneren-chips.
- Hoofdgerecht: fazant met allerlei champignons in foie-gras- en Oude Jenever-saus, met mini-boerenchoucroute en-worst, aardappelpuree.
- Kaasplateau: Epoisses, Comté en Zwitserse bleu.
- Nagerecht: rabarber-griespudding met zwarte trosbessenijs, gepofte rabarder.
- Espresso met huisgemaakte chocoladebonbons.

7 déc. 2012

Amsterdam sous la neige (2)

7.12.2012 : Amsterdam, Hugo de Grootplein.

Sinterklaasgedicht ou la poésie d'occasion

Le 5 décembre au soir ou 6 décembre au matin, tous les enfants des Pays-Bas fêtent la Saint-Nicolas, Sinterklaas en néerlandais. Depuis l'Espagne et sur un bateau à vapeur qu'on appelle pakjesboot 12 (le bateau des petits paquets), Sinterklaas, avec sa grande barbe blanche et sa mirte, arrive le 17 novembre exactement, et pendant deux semaines, il repère les lieux... et les toits, avec son assistant Zwarte Piet. Aux Pays-Bas, la fête de Sinterklaas est d'allure nationale. Chaque année, on choisit une ville différente pour le débarquement télévisé (en 2012 à Roermond), Sinterklaas est accueilli par le maire de la ville, il défile dans les rues. Puis, c'est la tournée à travers le pays, et chaque commune lui prépare un accueil. Le 5 décembre, veille de la Saint-Nicolas, est le pakjesavond, soirée des paquets-cadeaux : on fait rouler les peppernoten, on s'offre du chocolat et des barres de pâte d'amande car wie zoet is krijgt lekkers, wie stout is de roe.* Le cadeau est accompagnée d'un poème.
Un poème de la Sinterklaas, c'est un poème d'occasion, préparé pour cette fête. C'est le Sint lui-même qui écrit, et traditionnellement, il en profite pour mettre en lumière une qualité ou un défaut de la personne, un tique, quelque choses à changer. Le rituel de la Sinterklaas une petite catharsis pour enfants ? Dans tous les cas, un moyen pédagogique de dire et s'entendre dire sans trop de dommages quelques vérités dans un contexte décalé et festif. Dans cette perspective, mais aussi parce qu'ils s'intègrent plus largement à une fête de famille, les poèmes de la Sinterklaas restent simples dans leur contenu et leur structure : les rimes sont logiques et suivent souvent le schéma aa, bb, cc... , le vocabulaire est naïf, l'approche enfantine.

J'ai lu quelque part que la tradition sur laquelle se fondent les poèmes de la Sinterklaas remonte au 17ème siècle, à une époque où il était coûtume d'écrire des poèmes à l'occasion de divers événements (anniversaire, mariage, etc.). La fête de Sinterklaas elle-même n'est fêtée par les adultes qu'à partir de 1900, jusqu'à cette date elle est une fête exclusivement pour les enfants. Le premier poème de la Sinterklaas connu date de 1810 : il s'agit d'un garçon qui embête sa soeur et à qui Saint-Nicolas laissera dans ses chaussures une verge accompagnée d'un poème :
Sint Niklaas houdt goede wacht,
Wie zijn kinderpligt betracht,
Of verwaarloost: stoute blaagen
Kunnen nimmer hem behaagen;
Dezen brengt Hij, in den schoê,
Niets dan slechts een’ berken roe.**
A partir de 1889, la tradition des poèmes de Sinterklaas s'établie clairement. On retrouve 200 rimes numérotées sur des cartes vendues par une imprimerie établie à Groninge. Sur chaque carte est reproduite l'image d'un jeune adulte et une rime qui s'accordait à n'importe quel cadeau. Dès le 20ème siècle, la tradition se popularise auprès des adultes qui participent de plus en plus à la fête. La différence désormais, c'est que c'est Sinterklaas ou Zwarte Piet qui s'y collent...
* Des friandises pour les gentils, le baton pour les méchants. Phrase scandée et chantée par les enfants lors de la Sinterklaas.
** Saint-Nicolas tient bien les comptes / Des enfants qui marchent au pas / De ceux qui y décomptent / Les morveux ne plaisent pas ; / Dans les chaussures de ceux-là / Une verge de bouleaux.. et c'est tout.

6 déc. 2012

Amsterdam sous la neige (1)

6.12.2012: Amsterdam Zuidoost, derrière la maison.

27 nov. 2012

Lever de soleil sur Amsterdam-Zuidoost

Lundi 26.11, 8h19. Quelques photos du spectaculaire lever de soleil, depuis la plus haute fenêtre de la maison, perchée sur un tabouret.





Des lumières toujours très dramatiques aux Pays-Bas, quelque soit le moment de la journée, qu'il fasse beau ou qu'il pleuve. Plus on est proche du cercle polaire, plus les couchers et levers de soleil prennent du temps. Vingt minutes à Marseille, quelques heures à Amsterdam. En été, le soleil ne se couche jamais totalement. Ou plutôt, il ne fait jamais véritablement nuit noir, le ciel reste bleu sombre, parfois clair. Un mini-soleil de minuit. En ce moment à Amsterdam, le soleil se lève une demie-heure après Marseille et se couche une demie-heure avant, il fait nuit un peu avant 5 heures. Pour les journées les plus longues de l'année, lors du solstice d'hiver, il fait nuit jusqu'à presque 9 heures du matin et le soir, le soleil est couché dès 16h30. En été par contre, on est en pleine lumière 40 minutes avant le sud de la France et le soir, 40 minutes encore pour le moment exact du coucher de soleil, et de nombreuses heures ensuite dans une clarté bleu nuit. C'est très bizarre de se balader dans une sorte de clarté nocturale. Et c'est très beau.

26 nov. 2012

Eindhoven

A l'occasion du concert de Motörhead au Klokgebouw (et il paraît que Mikkey Dee a fait un petit bœuf juste après, à quelques pas de notre hôtel seulement...), visite rapide d'Eindhoven samedi dernier. 
Eindhoven est en fait constitutée de cinq villages et une ville. En 1920, la petite ville d'Eindhoven et les villages de Woensel, Strijp, Gestel, Stratum et Tongelre fusionnent pour formet l'agglomération d'Eindhoven telle qu'on la connait désormais. Difficile de tomber sous un quelconque charme, mais il est intéressant de se faire une idée de la ville, même si quelques curiosités seulement retiennent l'attention. Il paraît que les anciens centres des différents villages sont encore très reconnaissables. Personnellement, je ne connais pas assez bien la ville pour pouvoir les localiser clairement, mais il est vrai que le visage de la ville change radicalement quand on passe, par exemple, du centre actuelle au quartier dit "des montagnes" (Bergen). On découvre là un autre type de maisons et de façades, probablement plus anciennes et somme toute assez intéressantes. Pendant la seconde guerre mondiale, le centre d'Eindhoven fut bombardé trois fois (la ville fut libérée lors de l'opération Market Garden en 1944), ce qui explique qu'il ne reste pas grand'chose de son architecture d'origine. Après la seconde mondiale, un plan d'aménagement massif fut lancé, sans vértiable recherche d'une unité architecturale, semble-t-il. Eindhoven donne l'impression d'une ville moderne et prosaïque, échevelue, un peu atone, qui aurait pu faire les choix esthétiques de Rotterdam et ne les a pas faits. 
Mais Eindhoven, c'est avant tout la ville de Philips, le fabricant d'électronique mondialement connu, fondé en 1891. Première usine de fabrication d'ampoules lumineuses, la fameuse Philips Gloeilampenfabriekje anno 1891 s'inscrit dans la lignée du développement des lampes tungstène. Au niveau du modèle entreprenarial, Philips fut l'une des sociétés pionnières à mettre en œuvre ce que l'on appelle l'intégration verticale, c'est-à-dire un mode de propriété et de contrôle regroupant sous une seule autorité les divers stades de production et de distribution d'un type de produits ou de services donnés. 
Petite balade qui nous a fait passer par la place 18 septemberplein où se trouve le Piazza, un centre commercial grand, moderne, chic et c'est tout, et le bâtiment du Bijenkorf à la très belle facade art déco.



Sur cette place se trouvent les deux embouchures d'un passage piéton sous-terrain très futuriste. Plus loin, la Demer, une rue marchande qui fait l'angle avec la place du marché. Historiquement plus intéressants, les deux bâtiments nommés Witte Dame (La Dame Blanche) et Bruine Heer (Le Monsieur Brun) se font face sur le Emmasingel.
La Witte Dame est un bâtiment d'usine rénové, construit entre 1928 et 1931 par l'achitecte Dirk Roosenburg pour Philips selon les règles stylistiques du mouvement Neue Sachlichkeit (Nouvelle Objectivité). Philips utilisa dès le départ le bâtiment comme usine de fabrication d'ampoules, mais c'est en 1953 seulement que la bâtisse est peinte en blanc qui devient sa caractéristique. Dans les années 80, Philips délocalisant de plus en plus ses activités, demande l'autorisation de faire démolir la Witte Dame, qui est refusée. Le Bruine Heer, lui, fait officiellement partie du bloc De Admirant. Mis à part les fondations en béton, l'architecture est entièrement conçue comme un puzzle, les différents éléments architecturaux étant des préfabriqués qui s'emboîtent les uns sur les autres pour former les tours.


Enfin, la Paterskerk et la Sint-Catarinakerk, dédiée à Catherine d'Alexandrie. Cette dernière est l'oeuvre (1861-1867) du fameux Pierre Cuypers. Elle a pour particularité d'avoir deux tours différentes de 73m de hauteur concues sur le modèles du gothisme français, l'une étant la tour masculine (tour de David), l'autre féminine (tour de Marie).
La dernière étape cette balade était consacrée au musée Van Abbenmuseum qui rassemble l'une des plus importantes collections des œuvres d'El Lissitzky, ainsi que de nombreux Picasso, Chagall, Kandinsky, Theo van Doesburg, Mondriaan et Appel. Malhreusement les collection permanente n'était pas accessible, une exposition massive sur Lissitzky étant en préparation pour début décembre. Cela nous donnera l'occasion de revenir...

22 nov. 2012

Swans @ Patronaat, Haarlem [21.11.2012]

"The songs began on an acoustic guitar, then were fleshed out with (invaluable) help from my friends, then were further tortured and seduced in the studio, and now they await further cannibalism and force-feeding as we prepare to perform some of them live, at which point they'll mutate further, endlessly, or perhaps be discarded for a while.", vertelt Michael Gira over The Seer, de nieuwe plaat van Swans. " [...] It's the culmination of every previous Swans album as well as any other music I've ever made, been involved in or imagined. But it's unfinished, like the songs themselves. It's one frame in a reel. The frames blur, blend and will eventually fade."
Demos van einige songs (Lunacy, Mother of the World, The Seer Returns, The Daughter Brings the Water, A Piece of the Sky) zijn ook op een speciale release te vinden, We Rose from Your Bed with the Sun in Our Head. Ja, schitterende naam voor een plaat, net de nummers die erop staan, net de naam van het vorige album ook: My Father Will Guide Me up a Rope to the Sky. Giras muziek was altijd en wordt steeds meer beïnvloed door drone elementen, lijkt het. Tonen, noten, sounds en clusters worden lang ingehouden, aan-, in- of opgehouden, uitgewerkt, herhaald. Fasen lang, concerten lang. Wat ritmisch alleen stil of langzaam lijkt te zijn ontpopt zich als indrukkwekende spagaat tussen eindeloze harmonische variaties, underground, post-punk, experimentele muziek, minimalisme, dark ambient en noise. Tot de onuitwijkbaare ontploffing.

19 nov. 2012

17e november: Intocht van Sinterklaas

Zaterdagavond zat ik bij Oosterling, met twee katen, een uil en een spook bij mij, ik dronk rode wijn en at groene olijven. Ineens sprang de ene kat op en riep: "Sinterklaas!" Daar sprong ik ook op en rende naar buiten: de Sint slingerde door de Utrechtsstraat in de nevelige novembernacht. Ik zag hem nog, godzijdank.

26 oct. 2012

Oblomov, Gontcharov

Qu'avait-elle ? Il ignorait cette bagatelle qu'elle avait déja aimé une fois, qu'elle avait déjà traversé, dans la mesure du possible, la période juvénile de la non-maîtrse de soi, des rougeurs soudaines, des peines de cœur mal dissimulées, des symptômes fiévreux de l'amour, de la première flamme. S'il s'en était doute, il aurait su, sinon le mystère de ses sentiments envers lui, du moins pourquoi elle était si secrète.
Oblomov, Gontcharov.

24 oct. 2012

Le goût des Pays-Bas (9): preisstamppot méditerranéen

[Stamppot de poireaux à la féta et noix de muscade, accompagné de chorizo et jambon de parme grillés et farandole de champignons au curry]
[Preispamppot met feta en nootmuskaat, gegrillde chorizo en parmaschinken. Geserveerd met keri-paddestoelen]

18 oct. 2012

Le Flambeau Dans l'Oreille (25): ...For the Whole World to See

Il y a des gens qui méritent des claquent – par exemple Clive Davis de Columbia Records, et d'autres des médailles. Par exemple, Dan Koretzky et Dan Osborn de Drag City, un label indépendant de Chicago qui a ressorti – merci mon dieu!  – le génial et oublié (durant 40 ans) ...For the Whole World to See de Death. A mon sens, l'une des meilleures rééditions de cette décennie.
A l'origine un trio de R&B, les trois frères Hackney (Bobby – basse et chant, David – guitare et Dannis – percu) décident un jour d'aller aux concerts d'Alice Cooper, de MC5 et des Stooges, de se mettre au punk avant le punk et de casser la baraque. Le résultat : une vision entre post-psychédélisme, proto-punk et pro-R&B. Explosif. ...For the Whole World to See est une collection de titres proposés à l'origine par Death pour un album. En 1974, ils entrent en studio pour enregistrer 12 pistes. Le groupe refusant de changer de nom, Columbia Records les renvoie (la claque!). Seuls 7 titres avaient été enregistrés, l'album n'est jamais sorti. Les chansons qui ont survécu seront rééditées en 2009 sur ...For the Whole World to See par Drag City (la médaille!).

Death ...For the Whole World to See 
1. Keep on Knocking (David Hackney, Bobby Hackney) – 2:50
2. Rock-N-Roll Victim (D. Hackney) – 2:41
3. Let the World Turn (D. Hackney, B. Hackney) – 5:56
4. You're a Prisoner (D. Hackney, B. Hackney) – 2:24
5. Freakin Out (B. Hackney) – 2:48
6. Where Do We Go from Here??? (B. Hackney) – 3:5
7. Politicians in My Eyes (B. Hackney) – 5:5

15 oct. 2012

Betonplatform: fotowedstrijd Jong & Beton

Une de mes photos (celle-du bas) publiée dans l'album numérique Jong & Beton. Cliquer sur la photo pour agrandir.

1 oct. 2012

Trek dans le Limbourg

Après l'Utrechtste Heuvelrug, grande randonnée en boucle dans le Limbourg ! Une petite expédition que nous préparée dépuis le début de l'été pour pouvoir partir en vadrouille du 27 au 30 septembre. L'idée : trois jours de randonnée (Valkenburg-Gulpen-Vaals) et 50 km en sac à dos pour parcours les magnifiques paysages du Limbourg, l'une des douze provinces des Pays-Bas - la plus méridionale. Elle se situe au sud-est du pays, à la frontière avec les provinces néerlandaises du Gueldre (Gelderland) au nord-ouest et du Brabant-Septentrional (Nord-Brabant) à l'ouest, les provinces belges du Limbourg et de Liège au sud et sud-ouest, et l'Allemagne (Rhénanie-Westphalie du Nord).
Le Limbourg, dont la capitale est Maastricht (voyage à part en perspective) a la réputation d'être la plus belle région des Pays-Bas : le sud est particulièrement vallonné et boisé, et on y trouve le point le plus élevé du pays. Nous avions mis au point trois belles journées de randonnée qui nous ont permis de descendre et remonter les vallées de la Gueule (Geul) et de la Galoppe (Gulp) pour atteindre, le dernier jour, l'un des trippoints des Pays-Bas. La province du Limbourg se caractérise par une identité locale très marquée, dont les points saillants sont la langue (le Limbourgeois, qui présente une quelques caractéristiques des langue à tonalité comme le suédois ou le vietnamien!), les dialecte particuliers à la région, sa cuisine et ses bières (la brasserie de Brand à Wijlre, la Gulpener de Gulpen, la Leeuw de Valkenburg), un catholicisme plus marqué que dans le reste du pays, et de manière générale un rythme et un mode vie plus bucolique.
Dans les assiettes, une cuisine bourgeoise qui tient au corps et ne décoit pas: la truite, spécialité de la région de la Gueule, des viandes mijotées (zuurvles, ragoût de bœuf et de cheval à la bière, etc.) et le fameux vlaai, une tourte au fruits, dans toutes ses variantes de goûts et de couleurs: orange à l'abricot, jaune à la pomme, rouge rubis aux cerises, violet foncé presque noir aux fruits des bois...
Premier jour : arrivée à Valkenburg jeudi 27 septembre au soir, dormi dans un bed&breakfast à Valkenburg même. Le lendemain, la balade démarrait pour le tronçon Valkenburg-Gulpen. Dans les bois ou les vallées, sur les chemins de campagne ou au coin des cafés, face à l'église, au détour d'un buisson, accrochées à une façade ou clouées à arbre... où que nous allions, notre chemin était ponctué d'innonbrables croix, de petites chapelles et figurines de la vierge Marie. Nous avançons d'abord le long de la Gueule, sous les ombrages et le long de minuscules chemins aux bord de l'eau, puis dans des bois touffus, à la lumière tamisée, pour revenir ensuite en pleine lumière et découvrir de magnifiques vallons parsemés de champigons, de fleurs et de libellules.

































Apparemment, les fleurs ci-dessous sont des gesses des bois ou gesses sauvages (lathyrus sylvestris, boslathyrus). Nous en avons vu des centaines au cours de ces trois jours, il s'agit d'une plante que l'on trouve communément en Europe méridionale, mais qui reste très rare aux Pays-Bas : on ne la rencontre justement que dans le Limbourg.








Notre route nous a fait passer par la petite communauté de Wijlre, où est brassée la fameuse bière Brand (stockée dans des milliers de containers derrière la brasserie). Ci-dessous, le moulin à eau "Molen Otten" sur la Gueule. Plus que 3 km à parcourir pour arriver à Gulpen, autre bastion de la bière néerlandaise, région de la truite et deuxième étape de notre trek.










Deuxième jour: Gulpen-Vijlen. Une troncon à la lisière de grands bois, entre vallons et forêt, puis en forêt en enfin sur le plateau dominant la région.











































Troisième jour: Gulpen-Vaals. La journée se passera essentiellement en forêt qui marque la frontière entre les Pays-Bas et la Belgique.








La frontière belgo-néerlandaise: à droite la Belgique, en gauche les Pays-Bas (littéralement!):


L'une des bornes marquant la frontière entre les trois pays (Pays-Bas, Belgique, Allemange):



La Vaalserberg, anciennement appelée la Hubertusberg, est une colline située sur la petite commune de Vaals qui culmine à 322,7 mètres au-dessus du NAP* et marque le point le plus élevé des Pays-Bas. Au sommet de la montagne (!) se trouve le tripoint, point de rencontre des frontières néerlandaise, belge et allemande. On y voit deux tours: du côté néerlandais la Wilhelminatoren , du côté flamand la Koning Boudewijntoren.

* Le Normaal Amsterdams Peil (en néerlandais ''niveau normal d'Amsterdam'' est le niveau de référence 0 de la mer mesuré à Amsterdam. Il sert de niveau de référence de l'altitude pour l'ensemble des Pays-Bas, pays en majeure partie situé sous le niveau de la mer. Amsterdam, par exemple, se trouve à 2,7 mètres sous le niveau de la mer au point de mesure (entre 2 et 4 mètres ous le niveau de la mer selon les quartiers). 






Derniers paysages en redescendant sur Vaals pour reprendre le bus et le train en direction d'Amsterdam...