19 janv. 2022

Taxi Kebab

À la croisée du châabi et de l'électro, Taxi Kebab parle de psyché oriental et désorienté, de musique biculturelle, éclectique et électrique. Un mezze de musique électronique et maghrébine, entre tartare et harissa. Le chant en dialecte marocain s'accompagne du son du bouzouki, tandis que synthés et machines en tous genres fournissent beats et production analogique. Taxi Kebab privilégie le live.

15 oct. 2021

Cinéma Le Gyptis [Marseille, France]

Le Gyptis, c'est d’abord un cinéma créé en 1913, puis un théâtre, qui abrite la compagnie Chatôt-Vouyoucas à partir de 1987. En 2013, quand la compagnie se retire, le théâtre et La Friche la Belle de Mai se rapprochent pour rendre le Gyptis à sa vocation première : le cinéma. Extension de la Friche, labellisé Art & Essai, on regarde des pépites allant du film d’auteur au blockbuster, en séances flashback ou soutenues par des rencontres avec réalisateurs et réalisatrices. Repas, débats, avant-premières, ateliers cinéphiles s’ajoutent à la qualité de projection et à l’ambiance encore libre et collective.

12 oct. 2021

De la séparation amoureuse (3)

Qu’elle parte. C’est la seule solution possible. Il est fatigué, embrouillé, se sent étouffé depuis des semaines. Trop de hurlements, de douleur qu’il est impuissant à soulever. Il respire sans l’entrave familière de ces dernières semaines. Il est plein d’une exaltation claire, devasté en même temps que libéré. Il y avait une promesse dans cette histoire, qu’il a aimée, sincérement, qui le transcendait, qui l’avait traversé depuis l’adolescence. Quand il l’a retrouvée, ça l’a d’abord rendu vivant, et sûr de ce qu’il voulait et de ce qu’il fallait faire. Mais ensuite, ça s’est trop compliqué, il ne veut pas y laisser sa peau. Il ne sait pas comment s’y prendre. […] Il voulait contre le reste du monde, avoir raison contre toutes les évidences, il pensait que c’était ça, l’amour. Il voulait prendre ce risque, avec elle, et qu’ils arrivent sur l’autre rive, sains et saufs. Mais ils réussissent juste à s’entraîner au fond, il est temps de renoncer. Se rendre, aux fameuses évidences.
Virginie Despentes, Bye Bye Blondie, pages 241/242

9 oct. 2021

De la séparation amoureuse (2)

Quelque chose entre s’est légérement voilé. Elle cesse d’être une sauvage absolue, sans aucun rapport avec son monde. […] Gloria se convainc que c’est passager, qu’il réfléchit un peu trop. Mais c’est tout leur univers qui glisse et cherche son point d’équilibre, détail par détail, éclat de voix par éclat de voix. Chaque affrontement se termine acccroché l’un à l’autre, et elle veut croire que les étreintes suffisent à effacer l’ardoise.
Virginie Despentes, Bye Bye Blondie, pages 201/202

De la séparation amoureuse (1)

Entendre son prénom lui est déjà pénible. Et il sait, d’expérience, que les premiers jours ne seront pas les plus douloureux. Les plus intenses, les plus spectaculaires, sûrement… Mais le pire ne viendrai qu’ensuite, quand la douleur brutale d’être arrachée à une histoire se sera adoucie, laissant place à cette sensation de manquen, familière, cette conscience lucide et insupportable de ce qui est irrémédiablement perdu, emporté…
Virginie Despentes, Bye Bye Blondie, pages 21/22.

5 oct. 2021

Du punk-rock

Autant le punk-rock s’était avéré être une formation désastreuse pour la vie réelle, ne préparant ni à l’obéissance ni à la compétitoin ni à la résignation ni aux refoulements exigés ; autant c’était une bonne école pour s’occuper d’une petite fille et ne pas chercher à l’amoindrir sous pretexte qu’il y a des cases et qu’il faudra bien qu’elle y rentre.
Virginie Despentes, Teen Spirit, page 118.

2 oct. 2021

De l'amour (2)

Elle me transformait, donnait sens à l’effort et à l’âge que j’avais. La sensation d’être en mission, de devoir faire quelque chose et pour une fois de savoir m’y prendre. […] Pour la première fois de ma vie, j’avais le sentiment de bien faire, sans tricher, sans imposture. D’entrer dans un rôle que j’avais le droit d’assumer et d’aimer.
Virginie Despentes, Teen Spirit, page 118.

De l'amour (1)

J’étais son grand héros, j’avais envie de rester à la hauteur de son affection. L’espèce d’amour qu’elle me portait était tellement entier, indiscutable, solide et vaste, que ça ne me paniquait pas. C’était un attachement qui semblait en dehors des preuves, des événements et des paroles.
Virginie Despentes, Teen Spirit, page 117.

1 oct. 2021

De la relation des mères à leurs fils

Elles [les mères] veulent des garçons. Les filles, ça les intéressent beaucoup moins. T’as jamais remarqué ? Les mères, avec leurs fils, elles sont toutes fières d’avoir fait ça, c’est comme si ça leur procurait une petite bite, miraculeuse procuration. C’est leur seul ticket d’entrée au monde de l’action, à tout ce qui leur est défendu… Alors qu’une fille, ça t’apporte rien de spécial, à part te sentir bien vieille quand c’est elle qui affole et plus toi.
Virginie Despentes, Teen Spirit, page 107.

7 mars 2021

Les Crêtes du Grand Puy

Ce n'est pas la première fois, mais on ne s'en lasse pas et c'est toujours aussi beau : le panorama dont on profte tout au long des Crêtes du Grand Puy s'étend de la Montagne de la Blanche à l'Est, aux Monges à l'Ouest, via le Pic de Bure.


14 févr. 2021

Les Crêtes du Grand Puy, depuis Verdaches

La Blanche, rivière torrentielle d’une trentaine de kilomètres est un sous-affluent du Rhône, dans les Alpes-de-Haute-Provence et les Hautes-Alpes. Elle prend sa source sur la Montagne de la Blanche, près de Seyne-les-Alpes, et rejoint la Durance dans le bassin de compensation du barrage de Serre-Ponçon. Aujourd’hui, près de Verdaches, elle serpente à travers la neige et la glace.
De Rocheclose à Dormillouse, une majestueuse crête s’étend sur une dizaine de kilomètres, séparant l’Ubaye du Pays de Seyne. Une jolie boucle, au départ de la station du Grand-Puy, permet de profiter de points de vue privilégiés sur la Chaîne de la Blanche et les Préalpes.






6 févr. 2021

Lost Highway (63): Uchaux, Château du Castellas, Chapelle Saint-Michel

Le Massif d’Uchaux, qui culmine près de la Roquette à 201m, offrent sur 7 500 ha de très belles forêts, à cheval entre le Vaucluse et la Drôme.
Sur les sentiers, en partie créés sur le tracé de l'ancienne via Agrippa, on peut encore apercevoir quelques bordures de pierres. Cette voie, utilisée par les Celto Ligures puis par les Grecs et ensuite par les Romains vers -30 av. J.C., reliait Lyon à Arles. Elle était jalonnée de bornes militaires indiquant la distance en mille pas du lieu à la ville la plus proche. La huitième borne militaire se situerait sur la colline du Castelas et aurait donné son nom à la cité médiévale d'Octavis devenue ensuite Uchaux.
Uchaux, Château du Castellas, chapelle Saint-Michel, détail du porche.

5 févr. 2021

La goût de la France (2) : Concours des vins d'Orange

Le concours des vins d'Orange, créé en 1952 sous le nom de « foire aux vins d'Orange » est le plus ancien et le plus prestigieux concours des vins de la vallée du Rhône. La qualité des médailles que décerne chaque jury a fait entrer ce concours dans la catégorie des plus grands et des plus renommés au niveau européen. Sa renommée internationale est telle que les membres du jury, professionnels et amateurs très avertis, viennent des États-Unis, d'Allemagne ou de Suisse. Moi, je venais tout simplement de Marseille pour juger des Côtes-du-Rhône Villages Vaison-la-Romaine, Côtes-du-Rhône rosé et AOC Ventoux. Le millésime 2020 promet d’être exceptionnel en Costières-de-Nîmes.

30 déc. 2020

Du paradigme service féminin/compensation masculine

Le paradigme service féminin/compensation masculine correspond à un échange social inégal - échange que j'ai proposé d'appeler "prostitutionnel" afin de rendre plus explicites les bases matérielles concrètes des conventions hétérosexuelles. Qu'elles soient plubliquement consacrées par la cérémonie du mariage ou clandestinement négociées dans l'industrie du sexe, les relations hétérosexuelles sont socialement et psychologiquement façonnées par le postulat du droit des hommes au travail des femmes. Même ceux qui dénoncent le dénigrement et les violences faites aux femmes par les hommes mettent rarement en question les prérogatives des hommes dans les domaines sexuel, domestique et reproductif.
Gail Pheterson, Le prisme de la prostitution (cité dans Virginie Despentes, King Kong Théorie)

29 déc. 2020

De l'émancipation féminine

On entend aujourd'hui des hommes se lamenter de ce que l'émancipation féminine les dévirilise. Ils regrettent un état antérieur, quand leur force prenait racine dans l'oppression féminine.
Virginie Despentes, King Kong Théorie, Je t’encules ou tu m’encules ?, page 27.

De la maternité, de l'Etat et du pouvoir des hommes et des femmes

La maternité est devenue l’aspect le plus glorifié de la condition féminine. C’est aussi, en Occident, le domaine dans lequel le pouvoir de la femme s’est le plus accru. Ce qui est vrai depuis longtemps à propos des filles, cette emprise totale de la mère, l’est devenu à propos des fils. La maman sait ce qui est bon pour son enfant, on nous le répète sur tous les tons, elle porterait intrinsèquement en elle ce pouvoir stupéfiant. Réplique domestique de ce qui s’organise dans le collectif : l’Etat toujours plus surveillant sait mieux que nous ce que nous devons manger, boire, fumer, ingérer, ce que nous sommes aptes à regarder, lire, comprendre, comment nous devons nous déplacer, dépenser notre argent, nous distraire. Quand Sarkozy réclame la police dans les écoles, ou Royal, l’armée dans les quartiers, ça n’est pas une figure virile de la loi qu’ils introduisent chez les enfants, mais une prolongation du pouvoir absolu de la mère. Elle seule sait punir, encadrer, tenir les enfants en état de nourrisson prolongé. Un Etat qui se projette en mère toute-puissante est un état fascisant. Le citoyen d’une dictature revient au stade du bébé : langé, nourri et tenu au berceau par une force omniprésente, qui sait tout, qui peut tout, a tous les droits sur lui, pour son propre bien. L’individu est débarrassé de son autonomie, de sa faculté de se tromper, de se mettre en danger. C’est ce vers quoi notre société tend, possiblement parce que notre temps de grandeur est déjà loin derrière nous, nous régressons vers des stades d’organisation collectives infantilisant l’individu. Dans la tradition, les valeurs viriles sont les valeurs de l’expérimentation, de la prise de risque, de la rupture avec le foyer. Quand de toutes parts la virilité des femmes est méprisée, entravée, désignée comme néfaste, les hommes auraient tort de se réjouir ou de se sentir protégés. C’et autant leur autonomie que la nôtre qui est remise en cause. Dans une société libérale de surveillance, l’homme est un consommateur comme un autre et il n’est pas souhaitable qu’il est beaucoup plus de pouvoirs qu’une femme.
Virginie Despentes, King Kong Théorie, Je t’encules ou tu m’encules ?, pages 25/26.