L'écriture inclusive émerge au XXIème siècle, dans l'objectif de réparer les infidélités d'une langue masculinisée que l'Académie française avait institutionnalisée au XVIIème siècle, au temps où les peintresses, les écrivaines et autres doctoresses commençaient à s'affirmer dans la fabrication du savoir, des savoirs et des visions du monde, menaçant ainsi l'ordre patriarcal par l'occupation de positions de pouvoir. Quatre siècles plus tard et les luttes féministes que l'on connaît, des études montrent que l'usage d'une langue inclusive permet d'éviter des biais de représentation et de réduire certains stéréotypes induits par un usage systématique du masculin (dit neutre - mais est-ce vraiment le cas ?). On cesse d'imaginer seulement des hommes, la langue servant à se comprendre et à échanger, se révélant un outil d'émancipation aussi bien qu’un outil de contrôle puisqu’elle permet de penser, nommer, décrire, construire ou déconstruire le monde et le réel, s'imaginer y prendre part, s'y projeter. Dépasser le masculin neutre historiquement imposé signifie questionner la mainmise du masculin sur le monde et permettre aux autres subjectivités et aux autres réalités (femmes, trans, inter, non binaires, queer, agenre, lesbiennes, etc.) de s'énoncer, de se représenter et donc d'exister. S'opposer à cette possibilité, c'est s'opposer à la liberté de s'exprimer, de se penser, de se montrer. Il faut faire correspondre aux réalités en cours et lui permettre d'énoncer le présent.
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24 juil. 2025
11 nov. 2015
Sint-maartensfeest : la fête de Saint-Martin, une histoire de lampions, de bouffons et d'oies
Avant-hier, on célébrait la Saint-Martin (sint-maartensfeest), une fête encore très populaire en Europe du Nord et Centrale.
La Saint-Martin est célébrée en souvenir de Martin de Tours et correspond à sa mise au tombeau, le 11 novembre 397. A l'époque où la chrétienté se trouvait encore sous l'influence de l'Empire byzantin, le jour de la Saint-Martin ouvrait la période de carême qui commençait le 11 novembre et s'étendait sur deux semaines. Depuis le Moyen Âge jusqu'aux temps modernes, cette période de carême avait lieu avant Noël. Le jour précédant cette période, on festoyait une dernière fois avant de jeûner, à l'image de ce que l'on avait coutume de faire lors du carnaval. Aujourd'hui encore, le carnaval rhénan est officiellement initiée le 11 novembre. Les Jecke, les bouffons du Carnaval, défilent dans les rue et prennent d'assaut les mairies.
Au passage : le terme de Jecke est d'orrigine yiddish et désignait, de manière péjorative, les immigrants des années 30 qui se rendaient en Palestine ou dans les territoires actuels d'Israël. L'éthymologie du mot n'est pas clarifiée : Jecke pourrait venir de Jacke (allemand: "veste"), terme à partir duquel sont tirées plusieurs explications :
a) La première rapporte que le mot serait né en Palestine en aurait désigné les immigrés allemands comme Jacken(träger) ("porteurs de vestes") car, de part leurs origines et leur activité professionelle antérieure souvent bourgeoise (vêtements corrects), ils continuaient à porter une veste, malgré un climat plus chaud et un travail désormais physique.
b) La seconde explique que la veste aurait été vue comme symbole de l'assimilation à une culture occidentale non-juive, symbole qui les différenciait déjà en Europe des Juifs traditionnels portant le caftan. En allemand, on parle par exemple aussi de Krawattenjude ("Juif à la cravatte") ou Kaftanjude ("Juif au caftan").
c) Une troisième explication ramènerait au diminutif Jekl du prénom Jakob (> Ja[n]kev) par lequel on qualifierait les personnes de stupides. D'ailleurs en hébreu, le mot Jecke (יקה) existe toujours et est utilisé comme acronyme pour parler d'un Juif obtus, qui refuse de comprendre.
a) La première rapporte que le mot serait né en Palestine en aurait désigné les immigrés allemands comme Jacken(träger) ("porteurs de vestes") car, de part leurs origines et leur activité professionelle antérieure souvent bourgeoise (vêtements corrects), ils continuaient à porter une veste, malgré un climat plus chaud et un travail désormais physique.
b) La seconde explique que la veste aurait été vue comme symbole de l'assimilation à une culture occidentale non-juive, symbole qui les différenciait déjà en Europe des Juifs traditionnels portant le caftan. En allemand, on parle par exemple aussi de Krawattenjude ("Juif à la cravatte") ou Kaftanjude ("Juif au caftan").
c) Une troisième explication ramènerait au diminutif Jekl du prénom Jakob (> Ja[n]kev) par lequel on qualifierait les personnes de stupides. D'ailleurs en hébreu, le mot Jecke (יקה) existe toujours et est utilisé comme acronyme pour parler d'un Juif obtus, qui refuse de comprendre.
Dans de nombreuses régions d'Allemagne, d'Autriche, de Suisse, et des Pays-Bas sont organisées pour la Saint-Martin des retraites aux flambeaux durant lesquelles les enfants sillonnent les rues des villages et des villes avec des lanternes. La plupart du temps, les enfants fabriquent leurs lampions dans les écoles maternelles et primaires. Mercredi, les enfants défilaient dans les rues d'Amsterdam, sonnaient aux portes et chantaient des chansons spécifiques à la fête, En retour, ils reçoivent des bonbons ou mandarines. En Rhénanie existe une patisserie particulière nommée Stutenkerl ou Weckmann : un petit pain sucré aux raisins secs en forme de bonhomme.
Ce jour-là, on avait aussi coutume de manger l'oie de la Saint-Martin, généralement accompagnée de chou rouge et de quenelles.
On raconte que cette tradition trouve son origine dans une légende sur la vie de Martin : en dépit des réserves émises par le clergé et de sa propre volonté, le peuple de Tours réclamait qu'il soit nommé évêque. Comme il menait une vie ascétique et modeste, il se considérait indigne d'un tel honneur et se serait donc caché parmi les oies. Les oies firent cependant un tel vacarme que Martin fut découvert et quand même nommé évêque.
Selon une autre légende, un troupeau d'oies bruyantes se serait introduit dans l'église et aurait interrompu la prédication de l'évêque Martin. Elles auraient été capturées et servi de festin par la suite.
On avance également l'hypothèse historique suivante : le Martinschoß, un vasselage échu le jour de la Saint-Martin à l'époque féodale, en serait l'origine. La Saint-Martin était effectivement le jour de la dîme. Dans le temps, on payait les impôts en nature, incluant les oies, puisque l'hiver approchait et que l'entretien des animaux durant cette période n'était possible qu'à condition que leur nombre reste restreint. C'était aussi la date qui correspondait à la période d'exploitation naturelle et à laquelle commençaient ou terminaient les contrats de travail, les fermages. Les rétributions et intérêts étaient échus. C'est la raison pour laquelle le jour de la Saint-Martin était aussi appelé le jour de payement des intérêts. La dîme était souvent payée sous la forme d'une oie qui fut ainsi qualifiée d'oie de la Saint-Martin.
On raconte que cette tradition trouve son origine dans une légende sur la vie de Martin : en dépit des réserves émises par le clergé et de sa propre volonté, le peuple de Tours réclamait qu'il soit nommé évêque. Comme il menait une vie ascétique et modeste, il se considérait indigne d'un tel honneur et se serait donc caché parmi les oies. Les oies firent cependant un tel vacarme que Martin fut découvert et quand même nommé évêque.
Selon une autre légende, un troupeau d'oies bruyantes se serait introduit dans l'église et aurait interrompu la prédication de l'évêque Martin. Elles auraient été capturées et servi de festin par la suite.
On avance également l'hypothèse historique suivante : le Martinschoß, un vasselage échu le jour de la Saint-Martin à l'époque féodale, en serait l'origine. La Saint-Martin était effectivement le jour de la dîme. Dans le temps, on payait les impôts en nature, incluant les oies, puisque l'hiver approchait et que l'entretien des animaux durant cette période n'était possible qu'à condition que leur nombre reste restreint. C'était aussi la date qui correspondait à la période d'exploitation naturelle et à laquelle commençaient ou terminaient les contrats de travail, les fermages. Les rétributions et intérêts étaient échus. C'est la raison pour laquelle le jour de la Saint-Martin était aussi appelé le jour de payement des intérêts. La dîme était souvent payée sous la forme d'une oie qui fut ainsi qualifiée d'oie de la Saint-Martin.
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6 juin 2014
Pentecôte : langues, polyglotisme et glossolalie
La Pentecôte, fête chrétienne commémorant la venue du Saint-Esprit cinquante jours après Pâques sur les apôtres de Jésus de Nazareth et les personnes présentes avec eux, est rapportée dans les Actes des Apôtres. Cette fête tire son origine de la fête juive de Chavouot ou "fête des Semaines". Sa célébration est attestée localement à partir du IVème siècle.
Lors de cette fête, pendant laquelle les premiers disciples de Jésus reçoivent l'Esprit Saint dans une inspiration divine dans le Cénacle de Jérusalem, des langues de feu se posent sur chacun des disciples, formalisant ainsi la venue de l'Esprit et permettant à ceux-ci de s'exprimer dans d'autres langues que le galiléen. Le texte chrétien est le suivant :
Lors de cette fête, pendant laquelle les premiers disciples de Jésus reçoivent l'Esprit Saint dans une inspiration divine dans le Cénacle de Jérusalem, des langues de feu se posent sur chacun des disciples, formalisant ainsi la venue de l'Esprit et permettant à ceux-ci de s'exprimer dans d'autres langues que le galiléen. Le texte chrétien est le suivant :
"Le jour de la Pentecôte, ils étaient tous ensemble dans le même lieu. Tout à coup il vint du ciel un bruit comme celui d'un vent impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d'eux. Et ils furent tous remplis du Saint Esprit, et se mirent à parler en d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer."
—Actes 2:1-4v 3
—Actes 2:1-4v 3
L'image du feu matérialise la Voix divine. La Pentecôte est la réception du don des langues qui permet de porter la promesse du salut universel aux confins de la terre. Cet évènement se produit avec dans bruit qui attire la foule extérieure. Chacun des membres de la foule entend alors parler les apôtres et adorer Dieu dans leur propre langue maternelle.
S'agit-il de polyglottisme ou de glossolalie ?
Une personne polyglotte est une personne qui parle plusieurs langues (> grec: polus, "nombreux" et glôtta, "la langue"). Ceux qui parlent deux langues sont spécifiquement appelées bilingues, ceux qui en parlent trois, trilingues, etc. Sont appelés hyperpolyglottes les personnes parlant au minimum six langues couramment.
La glossolalie, au contraire (> grec: glỗssa, "langue" et laléô, "parler") est le fait de parler ou de prier à haute voix dans une langue inconnue de la personne qui parle, ou dans une suite de syllabes incompréhensibles mais paraissant être une langue véritable. Des phénomènes de glossolalie sont rapportés dans le christianisme, le chamanisme et le spiritisme. Pour les chrétiens, la glossolalie correspond au "parler en langues" (phénomène phonétique), le phénomène que décrit justement les Actes des Apôtres cités plus haut. On parle parfois de la "langue des anges" dans le cas de la glossolalie vraie. Dans la tradition chrétienne, il s'agit d'une manifestation du don qui permet au fidèle, par le pouvoir du Saint-Esprit, de parler une langue qu'il n'a jamais apprise. L'Esprit Saint est ainsi l'interprète de l'Écriture.
Du point de vue médical, la glossolalie est un trouble du langage. Elle consiste à prononcer des mots inventés et des phrases agrammaticales, ou à modifier des mots existants. Elle diffère de l'alternance de code linguistique puisqu'il s'agit d'une déconstruction totale du langage (du sémantisme et de la grammaire). C'est une forme d'aphasie (mutisme). L'alternance de code linguistique, quant à elle, est une alternance de deux ou plusieurs codes linguistiques (langues, dialectes, registres) qui peut avoir lieu à divers endroits d'un même discours, au milieu d'une phrase, et le plus souvent là où les syntaxes des deux codes s'alignent. L'alternance linguistique est très communément pratiquée : par exemple, quand l'interlocuteur change intellectuellement de propos et passe d'une construction grammaticale à une autre, sans lien de cohérence linguistique.
La glossolalie, au contraire (> grec: glỗssa, "langue" et laléô, "parler") est le fait de parler ou de prier à haute voix dans une langue inconnue de la personne qui parle, ou dans une suite de syllabes incompréhensibles mais paraissant être une langue véritable. Des phénomènes de glossolalie sont rapportés dans le christianisme, le chamanisme et le spiritisme. Pour les chrétiens, la glossolalie correspond au "parler en langues" (phénomène phonétique), le phénomène que décrit justement les Actes des Apôtres cités plus haut. On parle parfois de la "langue des anges" dans le cas de la glossolalie vraie. Dans la tradition chrétienne, il s'agit d'une manifestation du don qui permet au fidèle, par le pouvoir du Saint-Esprit, de parler une langue qu'il n'a jamais apprise. L'Esprit Saint est ainsi l'interprète de l'Écriture.
Du point de vue médical, la glossolalie est un trouble du langage. Elle consiste à prononcer des mots inventés et des phrases agrammaticales, ou à modifier des mots existants. Elle diffère de l'alternance de code linguistique puisqu'il s'agit d'une déconstruction totale du langage (du sémantisme et de la grammaire). C'est une forme d'aphasie (mutisme). L'alternance de code linguistique, quant à elle, est une alternance de deux ou plusieurs codes linguistiques (langues, dialectes, registres) qui peut avoir lieu à divers endroits d'un même discours, au milieu d'une phrase, et le plus souvent là où les syntaxes des deux codes s'alignent. L'alternance linguistique est très communément pratiquée : par exemple, quand l'interlocuteur change intellectuellement de propos et passe d'une construction grammaticale à une autre, sans lien de cohérence linguistique.
La Pentecôte, finalement, c'est toute la question de la distinction entre langue (organe produisant un son) et langue (pratique produisant un sens) révélée par le texte des Écritures.
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2 janv. 2014
Kaputt - Questionnement sur l'étymologie du mot proposée par Curzio Malaparte
Dans Kaputt (1943), son roman éponyme, Malaparte donne l'étymologie du mot allemand kaputt comme étant un terme hébreu ou plus exactement yiddish : kaparôt, qui signigie à la fois "offrande, offrande expiatoire, sacrifice", éventuellement "victime sacrifiée", mais aussi – intéressant rapprochement – "réconciliation".
Le terme est effectivement en rapport avec l'expression yiddisch shlogn kapores, une cérémonie traditionnelle du Yom Kippur (Jour du Grand Pardon), consistant à offrir en sacrifice un poulet que l'on faisait tourner vivant au-dessus de sa tête en récitant une prière : "Voici mon double, voici mon remplaçant, voici mon expiation. Puisse cette poule ou ce coq aller jusqu’à la mort pendant que je m’engagerai et continuerai une vie heureuse, longue et paisible." Le poulet se chargeait alors des fautes de celui qui prie. Par ailleur, "coq" en hébreu se dit gever, qui peut aussi vouloir dire "homme". D'autres expressions yiddisch en rapport avec le terme kaparôt : zayn di kapore far (aimer quelqu'un au point d'être prêt à se sacrifier pour lui), shlogn kapores mit (rabaisser, abuser d'une personne), darfn af kapores (n'en avoir aucun usage). Le jour du Yom Kippur, après la prière, on abattait les poulets. Autrefois populaire, cette cérémonie n'est aujourd’hui pratiquée que dans les milieux du judaïsme hassidique.
En yiddisch: shlogn kapores, qui a donné en allemand kapores geschlagen, reapparaît en argot moderne sous la forme de kapores machen qui ignifie alors "abbattre, tabasser à mort, mater".1
Ce mot, connu et reconnu aujourd'hui comme étant typiquement allemand, a été emprunté et repris dans différentes autres langues modernes à partir de l'allemand. L'internationalisation du terme est probablement dû à sa charge historique et à sa sonorité particulière. En anglais, on retrouve la variante orthographique kaput, en néerlandais on dit kapot. C'est après la seconde guerre mondiale et la prise de Berlin par l'Armée Rouge que le terme devient fameux avec l'expression rigolarde "Hitler kaputt". En allemand populaire, la signification moderne du terme reste très proche de son origine : "épuisé, cassé, claqué, crevé, vanné, fichu, foutu, etc." (physiquement et psychiquement).
Et pourtant, l'étymologie du mot allemand est loin de faire l'unanimité comme le laisse à penser Malaparte, même si l'origine yiddisch est largement reçue par la communauté linguistique.
En allemand, aucune base verbale n'est connue. Le terme est documenté depuis la Guerre de Trente Ans et apparaît dans les jeux de cartes de l'époque. On utilisait cette expression quand toutes les passes précédentes étaient perdues (on était donc „fichu“ pour la partie).
En terme d'interprétation, c'est probablement du côté du capot français qu'il faut chercher. Le même terme est justement connu dans les jeux de carte aussi (faire capot > kaputt machen – ne laisser aucune levée à faire à son adversaire, être capot – n’avoir fait aucune levée). Le terme français capot viendrait du verbe capoter – un vocable maritime désignant une protection sur la partie avant des bateaux2 et dérivé lui-même de cape + suffixe -ot. Le terme maritime faire capot qui signifie "se retourner, chavirer, capoter" a probablement la même origine (17ème siècle). Aujourd'hui encore, capoter signifie bien "aller mal, se détériorer, être mal en point". Il est possible que capoter ait été un nouvel emprunt à l'allemand après que cette langue a emprunté le terme capot au français et plaqué la signification du substantif sur le verbe.
En latin, caput signifie "tête, "chef". Il est envisagebale que le terme de kaputt n'ait pas été emprunté au français, mais au latin ecclésiastique. Cependant, non pas dans son acceptation traditionnelle ("tête"), mais à partir de l'expression caput esse ("devenir/être inutile, inutilisable"). Là encore, on se demande dans quelle mesure l'expression allemande (juridique) wieder am Kopf nehmen qui signifie "tout recommencer" ne serait pas elle aussi en rapport avec l'expresion latine, dans un glissement de sens de l'expression vers le terme originel ("Kopf/tête").
En terme d'interprétation, c'est probablement du côté du capot français qu'il faut chercher. Le même terme est justement connu dans les jeux de carte aussi (faire capot > kaputt machen – ne laisser aucune levée à faire à son adversaire, être capot – n’avoir fait aucune levée). Le terme français capot viendrait du verbe capoter – un vocable maritime désignant une protection sur la partie avant des bateaux2 et dérivé lui-même de cape + suffixe -ot. Le terme maritime faire capot qui signifie "se retourner, chavirer, capoter" a probablement la même origine (17ème siècle). Aujourd'hui encore, capoter signifie bien "aller mal, se détériorer, être mal en point". Il est possible que capoter ait été un nouvel emprunt à l'allemand après que cette langue a emprunté le terme capot au français et plaqué la signification du substantif sur le verbe.
En latin, caput signifie "tête, "chef". Il est envisagebale que le terme de kaputt n'ait pas été emprunté au français, mais au latin ecclésiastique. Cependant, non pas dans son acceptation traditionnelle ("tête"), mais à partir de l'expression caput esse ("devenir/être inutile, inutilisable"). Là encore, on se demande dans quelle mesure l'expression allemande (juridique) wieder am Kopf nehmen qui signifie "tout recommencer" ne serait pas elle aussi en rapport avec l'expresion latine, dans un glissement de sens de l'expression vers le terme originel ("Kopf/tête").
1 Duden – Herkunftswörterbuch, page 390f, entrée kapores.
2 Si vous vous demandiez pourquoi les voitures ont des capots, vous avez la réponse.
2 Si vous vous demandiez pourquoi les voitures ont des capots, vous avez la réponse.
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2 nov. 2011
Feuille de choux et viande halal ou De quoi se nourrit le fondamentalisme ?
animal : > latin animus: esprit, ou principe vital.
Selon la classification classique, être vivant qui se nourrit de substances organiques. On réserve aujourd'hui le terme animal à des êtres complexes et multicellulaires. Comme tous les êtres vivants, les animaux ont des semblables avec qui ils forment un groupe homogène, appelé espèce.
Feuille de choux ou viande halal ? L'acte rituel: selon la grande majorité des musulmans, la bête doit être consciente au moment de l'abattage (il semble que certains mouvements acceptent l'étourdissement, sujet polémique en ce moment surtout en France et en Europe). La bête doit être placée en direction de La Mecque. Au moment de l'égorger, le sacrificateur, qui doit être musulman, doit prononcer bismillah (Au nom de Dieu). On laisse ensuite le corps se vider de son sang jusqu'à la mort de l'animal.
En France, seul l'abattage rituel musulman est autorisé. L'animal n'est pas étourdit, il reste totalement conscient au moment de l'abattage. Il doit être mécaniquement immobilisé.
Selon la classification classique, être vivant qui se nourrit de substances organiques. On réserve aujourd'hui le terme animal à des êtres complexes et multicellulaires. Comme tous les êtres vivants, les animaux ont des semblables avec qui ils forment un groupe homogène, appelé espèce.
Feuille de choux ou viande halal ? L'acte rituel: selon la grande majorité des musulmans, la bête doit être consciente au moment de l'abattage (il semble que certains mouvements acceptent l'étourdissement, sujet polémique en ce moment surtout en France et en Europe). La bête doit être placée en direction de La Mecque. Au moment de l'égorger, le sacrificateur, qui doit être musulman, doit prononcer bismillah (Au nom de Dieu). On laisse ensuite le corps se vider de son sang jusqu'à la mort de l'animal.
En France, seul l'abattage rituel musulman est autorisé. L'animal n'est pas étourdit, il reste totalement conscient au moment de l'abattage. Il doit être mécaniquement immobilisé.
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23 sept. 2010
Altweibersommer (2)
Tolstoi aussi en parle: "Un affreux cauchemar l'avait réveillé. Il s'était vu en rêve avec Pierre, coiffés de casques pareils à ceux qui étaient reproduits dans son livre de Plutarque. L'oncle Pierre et lui marchait en tête d'une imensse armée. Elle était formée de lignes blanches obliques qui remplissaient l'air comme ces toiles d'araignées qui volent en automne et que Dessales appelaient fils de la Vierge."
Tolstoi, La Guerre et la Paix, Épilogue, XVI, p. 930
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19 juil. 2010
Le mot du jour (3)
Beastie: Boys Entering Anarchistic Stages Towards Internal Excellence
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20 janv. 2010
Secousse et contre-mouvement
Pourquoi le Magazine d'Adam Green n'est-il disponible qu'en version bilingue anglais-allemand chez Suhrkamp ? Aucun détracteur acide n'imprimerait – Adam Green n'étant cette charmante secousse convenue du contre-mouvement.La famille Green fuit l'Allemagne nazi et son arrière-grand'mère, Félice Bauer, fut un temps la fiancée de Kafka. Sa correspondance, Letters to Felice, chagrinerait d'ailleurs plus d'un Beethoven. Voilà les conditions remplies capables de secouer la ténébreuse Allemagne qui se déchire ce visage d'origine juive plus que tout autre pays.
Les expérimentations langagières que pratique Green dans son Magazine ne datent pas de la dernière pluie. C'est Rimbaud, Bob Dylan, Rolf Dieter Brinkmann, Allen Ginsberg et Guillaume Apollinaire qu'on retrouve, et au passage, on salue le jeune Wondratschek, le Wiener Gruppe, Dada. Le bal masqué est sans subterfuges, le contenu parfois obscur, mais il rafraîchit.
A l'honneur, la lettre F. Fick, mais en Free Jazz. Freedom. De pensée et d'écriture. Flux libre et le f dans Being-Fucked. Les cadres de l'attendu explosent sous la charge de Green, fait pour les chercheurs de lune et fumeurs de crack. Un collage fait de street-talks, de déclarations géniales, de nouvelles télévisées, de confessions, d'impressions, d'images, d'expériences subjectives sorties tout droit d'un quotidien mécanisé. La focalisation est surréaliste, Green déploie un éventail souverain et décontracté. Tout est là, en self-service. Green rapporte du royaume où les câbles Nintendo s'entremêlent, les phantasmes tombent en cascades et les complexités en convictions. Il écrira en chemin pour sa génération et ça s'appellera Rester à la maison.
Au fait: merci pour la couverture rouge. Typique et insaisissable recette des couvertures monochromes Suhrkamp.

10 janv. 2010
Valises de l'autre bout du monde
Valise : système de rangement mobile constitué de deux moitiés (agencées en miroir) reliées entre elles par une charnière et qui, à l'aide d'une mécanique divergente, peut être fermé (souvent à clef, au moyen d'un cadenas).
Le Golif, dit Borgnefesse, capitaine de la Flibuste, est Louis-Adhémar-Timothée, après avoir récupéré un boulet de canon dans la fesse droite? gauche? – le mystère reste entier. Ses mémoires ont tout du roman d'aventures, avec pour thème central la course aux Antilles sous le règne de Louis XIV. La préface précise que le manuscrit, trouvé par hasard pendant les bombardements de Saint-Malo en 1944, reposait dans une valise ramenée de l'autre bout de l'océan. Albert t'Serstevens, romancier spécialisé en histoires maritimes et en camouflage, aurait déchiffré les mémoires et Gustave Alauxont les auraient traduites. Dans un français volontairement truculent, le texte livre d'implacables anachronismes qui trahissent le pastiche : le mot "patchouli" dans la bouche d'un marin du XVIIe siècle alors que ce mot est d'origine indienne et n'entre en usage en France qu'au XIXe siècle. Ou encore l'expression "Frères de la Côte" qui n'apparaît que dans les romans d'aventures du XIXe siècle. Des colloques littéraires ont été organisés citant ce livre comme parfait exemple du pastiche réussi.
La question est donc : les valises antiques sont-elles toujours garantes d'authenticité ?
La question est donc : les valises antiques sont-elles toujours garantes d'authenticité ?
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9 janv. 2010
Er schwärmte für Pasteten in Blätterteig
Stefano war jung, kaum dreiunddreißig Jahre alt. Das soll nicht heißen, er hätte den Posten als Herrscher über Pomposa nur seinem Adel zu verdanken gehabt; hätte, wie viele Drittgeborene, die kirchliche Karriere mangels Perspektiven politischer Macht eingeschlagen. Nein, er war ein arbeitsamer, belesener Mensch, mit der wahren Berufung; ein Idealist, ein fähiger Organisator, der erfüllt den Kampf mit der Erde angetreten hatte, der stundenlang am Bett jedes von der Malaria hingerafften Mönchs persönlich betete.
Sein einziges Laster war die Naschsucht; er schwärmte für Pasteten in Blätterteig, für fette Saucen, übersüßtes Backwerk, Honingfrüchte, Apfeltorte in Sahnehaube und war von solchen Schlemmereien ein tonnenhafter Anblick geworden.
Helmut Krausser, Melodien. Drittes Buch Tropoi oder Krieg der Klänge und des Schweigens, Seite, 280.
Sein einziges Laster war die Naschsucht; er schwärmte für Pasteten in Blätterteig, für fette Saucen, übersüßtes Backwerk, Honingfrüchte, Apfeltorte in Sahnehaube und war von solchen Schlemmereien ein tonnenhafter Anblick geworden.
Helmut Krausser, Melodien. Drittes Buch Tropoi oder Krieg der Klänge und des Schweigens, Seite, 280.
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20 nov. 2009
And in comes the French tuxedo club (2)
Neubau vom Bombenhagel?
Der deutsche Begriff Neubau bezeichnet Gebäude, die spezifisch nach dem zweiten Weltkrieg errichtet wurden. Der niederländische Begriff nieuwbouw deckt übrigens eine ähnliche architektonische Realität*. Wenn man sich die englische Übersetzung des Begriffs anschaut, erkennt man im Handumdrehen, daß die gruselige Subitiltät germanischer Sprachen, die in den romanischen Sprachen aus morphologischen Aspekten selbstverständlich nicht zurückgefunden und auch nicht erwartet wird, zum Teil mit sprachspezifischen morphologischen Formen, in erster Linie aber mit konkreter Weltgeschichte zusammenhängt. England wurde nicht ausgebombt - zumindest nicht im vergleichbaren Umfang wie Deutschland-, und braucht darum ja auch kein Konzept wie Neubau.
Im Begriff Neubau kristalliert sich eine kulturell-historische Erscheinung heraus, die durch den zweiten Weltkrieg zustande kam. Durch den alliierten Bombenkrieg wurden in den Jahren von 1943 bis 1945 die Altstädte praktisch aller größerer deutscher Städte, wie die zahlloser kleinerer Städte ausgelöscht. Darunter waren einzigartige Stadtbilder mit zehntausenden Häusern aus dem Mittelalter, der Renaissance und dem Barock, die dabei in wenigen Minuten vernichtet wurden. Ca. 311 Mio. Kubikmeter Trümmerschutt fielen an.


Köln, Stunde Null. Klick auf die Bilder, um zu vergrößern.
Anhand dieser Boabachtungen fragte ich mich ab, wie Neubau ins Japanische zu übersetzen sei.** Das Japanische kennt ja auch agglutinierende Sprachformen und das Land wurde gleichermaßen Ziel jener systematisch vernichtenden Militärangriffe. Mehr demnächst.
Die Wiedergewinnung der Städte
Wenn Altbauten in Trümmer fallen und Neubauten einstürzen, kann die Geschichtstiefe und Identität einer Stadt im Abglanz der Wiederholung und Rekonstruktion zurückgebracht werden? Ja, denn architektonische Antworten sind immer richtig und nie aufgebauten Lügen. Aber:
Einzelbauten sind Solitäre und öde Plätze
In fremdem Umfeld, ausgemünzt im Gehetze
Von Nachkriegsbauten. Was aus barockem Geflecht
Der im Gewirr der Gassen entstandenen Rues,
Der dunklen Winkel, der Höfe in jähem Gefecht,
Der Straßenführung mit zahllosen points de vue?
Die Altstadt erlebt Pracht in Steinen und Balken.
Was aus den Häusern und verwinkelten Gassen,
Die binden und gegaukelte Struktur bilden,
Was mit verdrehtem Kopf erstellten Sonnetten?
Wäre im Bombenabriß Italiens vom Alten
Der Vecchio und Uffizien wiederaufgebaut,
Das Übrige dicht aufgefüllt und neu gebaut,
So wäre Florenz nicht Florenz, Nürnberg aber Nürnberg.***
* "De term nieuwbouw slaat op nieuw gebouwde constructies [...] Over het algemeen worden bebouwingen van ± 30 jaar, of wat ruimer na de Tweede Wereldoorlog, hiermee aangeduid. Het begrip nieuwbouw is afgeleid van de bouwstijl: Het Nieuwe Bouwen. [...] Walter Gropius en Adolf Meyer worden gezien als grondleggers van Het Nieuwe Bouwen. De term is vooral populair geworden na de eerste wereldoorlog, toen in groot tempo veel woningen bijgebouwd moesten worden. Hetzelfde fenomeen kwam nog sterker terug na de tweede wereldoorlog doordat door bombardementen veel huizen vernietigd waren. Nieuwbouw wordt als een algemeen geacepteerd germanisme beschouwd." (Wikipedia).
** Einstürzende Neubauten genießen in den 80er einen kurzen, dennoch flamboyanten Ruhm in Japan. Ich nehme also an, dass man sich im Lande der aufsteigenden Söhne und kollidierenden Kontrasten unter Neubau(ten) auch irgendwie etwas vorstellen kann.
*** So wäre Florenz nicht Florenz, Nürnberg nicht Nürnberg.
Der deutsche Begriff Neubau bezeichnet Gebäude, die spezifisch nach dem zweiten Weltkrieg errichtet wurden. Der niederländische Begriff nieuwbouw deckt übrigens eine ähnliche architektonische Realität*. Wenn man sich die englische Übersetzung des Begriffs anschaut, erkennt man im Handumdrehen, daß die gruselige Subitiltät germanischer Sprachen, die in den romanischen Sprachen aus morphologischen Aspekten selbstverständlich nicht zurückgefunden und auch nicht erwartet wird, zum Teil mit sprachspezifischen morphologischen Formen, in erster Linie aber mit konkreter Weltgeschichte zusammenhängt. England wurde nicht ausgebombt - zumindest nicht im vergleichbaren Umfang wie Deutschland-, und braucht darum ja auch kein Konzept wie Neubau.
Im Begriff Neubau kristalliert sich eine kulturell-historische Erscheinung heraus, die durch den zweiten Weltkrieg zustande kam. Durch den alliierten Bombenkrieg wurden in den Jahren von 1943 bis 1945 die Altstädte praktisch aller größerer deutscher Städte, wie die zahlloser kleinerer Städte ausgelöscht. Darunter waren einzigartige Stadtbilder mit zehntausenden Häusern aus dem Mittelalter, der Renaissance und dem Barock, die dabei in wenigen Minuten vernichtet wurden. Ca. 311 Mio. Kubikmeter Trümmerschutt fielen an.


Anhand dieser Boabachtungen fragte ich mich ab, wie Neubau ins Japanische zu übersetzen sei.** Das Japanische kennt ja auch agglutinierende Sprachformen und das Land wurde gleichermaßen Ziel jener systematisch vernichtenden Militärangriffe. Mehr demnächst.
Die Wiedergewinnung der Städte
Wenn Altbauten in Trümmer fallen und Neubauten einstürzen, kann die Geschichtstiefe und Identität einer Stadt im Abglanz der Wiederholung und Rekonstruktion zurückgebracht werden? Ja, denn architektonische Antworten sind immer richtig und nie aufgebauten Lügen. Aber:
Einzelbauten sind Solitäre und öde Plätze
In fremdem Umfeld, ausgemünzt im Gehetze
Von Nachkriegsbauten. Was aus barockem Geflecht
Der im Gewirr der Gassen entstandenen Rues,
Der dunklen Winkel, der Höfe in jähem Gefecht,
Der Straßenführung mit zahllosen points de vue?
Die Altstadt erlebt Pracht in Steinen und Balken.
Was aus den Häusern und verwinkelten Gassen,
Die binden und gegaukelte Struktur bilden,
Was mit verdrehtem Kopf erstellten Sonnetten?
Wäre im Bombenabriß Italiens vom Alten
Der Vecchio und Uffizien wiederaufgebaut,
Das Übrige dicht aufgefüllt und neu gebaut,
So wäre Florenz nicht Florenz, Nürnberg aber Nürnberg.***
* "De term nieuwbouw slaat op nieuw gebouwde constructies [...] Over het algemeen worden bebouwingen van ± 30 jaar, of wat ruimer na de Tweede Wereldoorlog, hiermee aangeduid. Het begrip nieuwbouw is afgeleid van de bouwstijl: Het Nieuwe Bouwen. [...] Walter Gropius en Adolf Meyer worden gezien als grondleggers van Het Nieuwe Bouwen. De term is vooral populair geworden na de eerste wereldoorlog, toen in groot tempo veel woningen bijgebouwd moesten worden. Hetzelfde fenomeen kwam nog sterker terug na de tweede wereldoorlog doordat door bombardementen veel huizen vernietigd waren. Nieuwbouw wordt als een algemeen geacepteerd germanisme beschouwd." (Wikipedia).
** Einstürzende Neubauten genießen in den 80er einen kurzen, dennoch flamboyanten Ruhm in Japan. Ich nehme also an, dass man sich im Lande der aufsteigenden Söhne und kollidierenden Kontrasten unter Neubau(ten) auch irgendwie etwas vorstellen kann.
*** So wäre Florenz nicht Florenz, Nürnberg nicht Nürnberg.
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16 nov. 2009
And in comes the French tuxedo club (1)
Apropos chleuh und Romantik: Gestern den Dokumentarfilm Seele Brennt/Nihil* (2005) angeschaut, es geht selbstverständlich um Einstürzende Neubauten. Eine vollwertige Dokumentation mit hervorragendem Filmmaterial und passender schwarz-weiß-Fotographie - erwartet man denn andere Farben beim Nichts? Seele brennt porträtiert die Band um Blixa Bargeld, N.U. Unruh, F.M. Einheit, Alexander Hacke, Mark Chung, Rudolf Moser und Jochen Arbeit – Ach! die kollapsierende Clique Exentrikers, die ab den frühen 80er bis heute mit Bohrmachinen, Preßlufthammern und apokalyptischen Mottos den Lebensstil der Westberliner Punkszene verköperte. Heutzutage wird ruhigere und wohl auch subtilere Musik gemacht – man höre** sich doch das zarte Messerschleifen auf Alles Wieder Offen an. Die Band erstaunt (mich seit nun knapp 15 Jahren) mit ihrer bahnbrechenden Erfindungsgabe und musikalischen Findigkeit.Auch die französische Regierung sorgt immer wieder für Überraschungseffekt und gleich auch für gute Stimmung: Damals schon mit qualmiger Neigung zur Gegenkultur und Kajal-Blässe (von wegen Elektrokohle und gescheiterter Aufbau Ost!), heute einfach nur mit schlechter Politik.





Erst gestern wurde ich mir eine linguistische Subtilität des Bandnamen völlig bewußt, als der deutsche Name Einstürzende Neubauten mit seiner englischen Übersetzung verglichen wurde: Collapsing New Buildings. Sind denn nicht eher alte Gebäude Kandidate zum Einsturz?Als Neubau bezeichnet man ein Gebäude, das vor kurzem neu errichtet oder rekonstruiert wurde. Der Begriff Neubauten umfasst im deutschen Sprachgebrauch allein nach dem 2. Weltkrieg errichtete Gebäude und kann so lange auf ein Gebäude angewendet werden, bis dieses aufgrund von Standardanpassungen und alterungsbedingten Bauwerksmängeln zum ersten Mal durchgreifend saniert werden muss. Die Bezeichnung wird häufig auch für als modern und zeitgemäß empfundene Bauwerke verwendet. Der Beginn der Bauausführung von Betonwänden und -decken wird im Wohnungsbau in Deutschland als der Beginn der Neubauära gesehen und meist auf das Jahr 1949 datiert. Der Begriff steht im Gegensatz zu dem des Altbaus, deren typische Merkmale Mauerwerkswände, Holzbalkendecken und Kastenfenster, sowie lichte Raumhöhe von mehr als 3 Metern usw. erfassen. Es lebe der Beton! brüllt der vollautomatische Rebell in mir. Und er hat Recht, denn man spreche** von Standards und Sanierung: Gegenstromanlage und Putzlappen bitte mitbringen.

* Nihil oder Alle Zeit der Welt ist übrigens ein legendärer Film aus dem Jahr 1987 vom selben Regisseur, Uli M. Schüppel, der in die Rolle des Visionärs Blixa Bargeld verfilmte. Dies war auch Bargelds erstes filmisches Auftreten, später war er auch z.B. in Die totale Therapie (1998) zu sehen. Dieser Film war lang nirgendwo mehr erhältlich, so auch die dazugehörende Musik. Ein echtes Unikum also. ** Ja, Konditional I.
11 nov. 2009
Picture cards: king, queen, jack (Iamamover very proud of Paulo la Frite)
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18 oct. 2009
Le français, une langue bien pensée
> > * Un gars : c'est un jeune homme ;
> > * Une garce : c'est une pute ;
> > * Un courtisan : c'est un proche du roi ;
> > * Une courtisane : c'est une pute ;
> > * Un masseur : c'est un kiné ;
> > * Une masseuse : c'est une pute ;
> > * Un coureur : c'est un joggeur ;
> > * Une coureuse : c'est une pute ;
> > * Un professionnel : c'est un sportif de haut niveau ;
> > * Une professionnelle : c'est une pute ;
> > * Un homme sans moralité : c'est un politicien ;
> > * Une femme sans moralité : c'est une pute ;
> > * Un entraîneur : c'est un homme qui entraîne une équipe sportive ;
> > * Une entraîneuse : c'est une pute ;
> > * Un homme à femmes : c'est un séducteur ;
> > * Une femme à hommes : c'est une pute ;
> > * Un homme public : c'est un homme connu ;
> > * Une femme publique : c'est une pute ;
> > * Un homme facile : c'est un homme agréable à vivre ;
> > * Une femme facile : c'est une pute ;
> > * Un homme qui fait le trottoir : c'est un paveur ;
> > * Une femme qui fait le trottoir : c'est une pute ;
> > * Un péripatéticien : c'est un élève d'Aristote ;
> > * Une péripatéticienne : c'est une pute.
Non, le français, vraiment, c'est pas compliqué.
> > * Une garce : c'est une pute ;
> > * Un courtisan : c'est un proche du roi ;
> > * Une courtisane : c'est une pute ;
> > * Un masseur : c'est un kiné ;
> > * Une masseuse : c'est une pute ;
> > * Un coureur : c'est un joggeur ;
> > * Une coureuse : c'est une pute ;
> > * Un professionnel : c'est un sportif de haut niveau ;
> > * Une professionnelle : c'est une pute ;
> > * Un homme sans moralité : c'est un politicien ;
> > * Une femme sans moralité : c'est une pute ;
> > * Un entraîneur : c'est un homme qui entraîne une équipe sportive ;
> > * Une entraîneuse : c'est une pute ;
> > * Un homme à femmes : c'est un séducteur ;
> > * Une femme à hommes : c'est une pute ;
> > * Un homme public : c'est un homme connu ;
> > * Une femme publique : c'est une pute ;
> > * Un homme facile : c'est un homme agréable à vivre ;
> > * Une femme facile : c'est une pute ;
> > * Un homme qui fait le trottoir : c'est un paveur ;
> > * Une femme qui fait le trottoir : c'est une pute ;
> > * Un péripatéticien : c'est un élève d'Aristote ;
> > * Une péripatéticienne : c'est une pute.
Non, le français, vraiment, c'est pas compliqué.
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6 oct. 2009
20 août 2009
Koffers van de andere kant van de oceaan
Koffer: mobiel opbergsysteem, dat bestaat uit twee (spiegelbeeldige) helften die middels scharnieren aan elkaar verbonden zijn en met uiteenlopende mechanieken (vaak met een cijferslot) gesloten kunnen worden.
Le Golif, dit Borgnefesse, capitaine de la Flibuste. Ik vertaal: "Le Golif, genoemd Eenoog-Bil, vrijbuiter-kapitein" is Louis-Adhémar-Timothée Le Golif en wordt zo genoemd omdat hij een kanonskogel in een van zijn billen (de rechte? de linke?) ooit kreeg. Zijn memoires blijken een avonturenroman te zijn, met als centraal thema de race om de Antillen tijdens de heerschappij van Koning Lodewijk XIV. Het voorwoord stelt dat het manuscript in een van de andere kant van de oceaan terug gebrachte koffer toevallig wordt ontdekt na de bomaanvallen over Saint-Malo (Bretagne, Frankrijk) in 1944. Albert t'Serstevens, auteur van romans - en gespecialiseerd in maritieme verhalen of camouflage - zou de memoires ontcijferd en Gustave Alauxont ze vertaald hebben. In een opzettelijk ongerepte Frans geschreven levert de tekst heerlijke anachronismen op, die het bedrog verraadden. Bij voorbeeld het gebruik van het woord "patchouli" in de mond van een zeerover van de XVIIe eeuw terwijl dit uit West-Indië afkomstige woord pas in de XIXe eeuw in het Frans wordt opgenomen. Of de uitdrukking "Frères de la Côte" (broers van de kust) die alleen maar in avonturenromans vanaf de XIXe eeuw voorkomt. Er werden toen zelfs literaire discussies gevoerd aan de hand van dit boek dat als meesterlijk voorbeeld voor een geslaagd literair bedrog geldt.
Maar zijn oude koffers ook altijd een garantie voor authenticiteit?
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14 août 2009
Œ: natte vten
Le compte est bon, dirait Patrick Laffont qui, dans les années 80, n'avait peur ni de la factorisation de 111, ni des marsoins. J'ai compté : 6 "œ" dans mon article sur les monocles et nœuds papillon. L'œ, comme les étoiles des uniformes, fonctionne en trompe-l'œil : il saute aux yeux.
La lettre est à l'origine une ligature de o et e utilisée dans le latin médiéval et moderne, ainsi qu'en français, en anglais et en vieux norrois. On l'appelle "e dans l’o".* Elle est notée Œ en capitale et œ en minuscule. La combinaison forme une diphtongue en latin, notée [oe̯]. En français, l'utilisation de la ligature œ n'est pas esthétique mais linguistique, contrairement à d'autres ligatures (par exemple, ij) : œ et oe ne se lisent pas de la même manière, la deuxième forme notant un hiatus (cœlacanthe ~ coefficient). Si le digramme œu français se prononce [ø] ou [œ], les œ des mots provenant du grec devraient se prononcer [e] (œsophage : "ésophage", Œdipe : "Édipe", œstrogène : "èstrogène", etc.) ; ce qui est incorrect. Si! On le fait exprès pour emmerder les étrangers qui veulent apprendre le français. Comme chacun sait, on parle tous les jours de l'œsophage d'Œdipe en France. L'usage, sans doute sous l'influence des mots courants d'origine latine — œil, œuf, bœuf, etc. — préfère la plupart du temps [ø], mais pas dans tous les cas (fœtus, cœlacanthe).
* Classiquement prononcé [e] : cœlacanthe, cœlentéré, fœtus, œcuménique, œdème, œdicnème, Œdipe, Œniadæ, œnochoé, œnologie, Œnone, œsophage, îles Phœnix (mais Phoenix en Arizona) ;
* Classiquement prononcé [ɛ] : œstrogène, œstrus ;
* Digrammes prononcés [œ] : bœuf, chœur, cœur, manœuvre, mœurs, œil, œillet, œuf, œuvre, sœur ;
* Digrammes prononcés [ø] : nœud, vœu.
La ligature œ n'est pas utilisée en allemand. Parler de cœlacanthe en chleuh relèverait du suicide langagier. L'allemand transcrit par ö dans les mots d'emprunts, par exemple Ösophagus. À l'inverse, la graphie de certains noms, en particulier les noms de famille, est invariable. N'est pas Göthe qui manipule le Umlaut.
Du côté de l'informatique, on fait de la haute-voltige. Œ - œ :
ISO 8859-15 : 188 -189
Unicode : U+0152 - U+0153
LaTeX : \OE ou \OE{} - \oe ou \oe{}
Alt codes Windows : Alt+0140 - Alt+0156
HTML :
Exercice : écrire huileux (ölig) en allemand informatisé HTML, sans Umlaut, sans espace, trois fois de suite.**
* Il n'y a pas qu'aux Pays-Bas qu'on a les pieds mouillés.
** &œlig;lig&œlig;lig&œlig;lig = œligœligœlig
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12 août 2009
3 août 2009
En mettre sa main au feu
Au Moyen Âge, on déterminait la culpabilité d'un accusé au moyen de méthodes infaillibles, la force divine voulant toujours que le vaincu ne soit jamais simplement le plus faible, mais également le fautif – on dit que Dieu prête secours aux Justes.
L'épreuve du feu consistait soit à saisir, puis garder en main une barre de fer rougie au feu, soit à mettre la main dans un gant métallique, également rougi. Celui dont la main guérissait en moins de trois jours – la Sainte Trinité a elle aussi besoin de délais - était déclaré innocent du méfait.
C'est de cette épreuve qu'est née l´expression "en mettre sa main au feu". Aujourd'hui , pas fous ou moins croyants - on sait aussi que Dieu a d'autres chats à fouetter , on emploie cette expression lorsque l'on est sûr de soi et croit pouvoir affirmer sans craindre de se tromper.
L'épreuve du feu consistait soit à saisir, puis garder en main une barre de fer rougie au feu, soit à mettre la main dans un gant métallique, également rougi. Celui dont la main guérissait en moins de trois jours – la Sainte Trinité a elle aussi besoin de délais - était déclaré innocent du méfait.
C'est de cette épreuve qu'est née l´expression "en mettre sa main au feu". Aujourd'hui , pas fous ou moins croyants - on sait aussi que Dieu a d'autres chats à fouetter , on emploie cette expression lorsque l'on est sûr de soi et croit pouvoir affirmer sans craindre de se tromper.
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13 juin 2009
Conatus
Effort que fait chaque être pour persévérer dans son existence et affirmer sa puissance, au sens physique (puissance comme énergie) et philosophique (puissance comme faculté ou capacité de produire un effet ou acte comme manifestation concrète des pouvoirs d’agir d’une personne). Etre en puissance, c'est être potentiellement susceptible d’acquérir telle ou telle détermination.
La vie éthique est celle qui a pour souci d'exploiter de manière optimale les ressources de son propre être, c'est-à-dire la complexité de son corps et de son intellect. Cette vie doit affirmer un désir primordial de vivre - le conatus ou joie comme principe absolu de vie chez Spinoza qui couvre la même notion que la volonté de puissance chez Nietzche.
Le conatus modifié par les relations sociales perd de sa puissance dans la mesure où il cherche à s'accomplir selon des modèles qui ne correspondent pas à sa nature, c'est ce que Spinoza appelle l'imagination dans la proposition 17 de la seconde partie de l'Ethique.
La vie éthique est celle qui a pour souci d'exploiter de manière optimale les ressources de son propre être, c'est-à-dire la complexité de son corps et de son intellect. Cette vie doit affirmer un désir primordial de vivre - le conatus ou joie comme principe absolu de vie chez Spinoza qui couvre la même notion que la volonté de puissance chez Nietzche.
Le conatus modifié par les relations sociales perd de sa puissance dans la mesure où il cherche à s'accomplir selon des modèles qui ne correspondent pas à sa nature, c'est ce que Spinoza appelle l'imagination dans la proposition 17 de la seconde partie de l'Ethique.
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